Pas qu’un choc thermique

6 01 2012

12056 km plus tard et un “Prospero 2012″ à tous depuis Chinon, petite ville médiévale dressée au cœur de ma Touraine Rabelaisienne, celle qui a bercé ma tendre enfance (et adolescence).  Ses ruelles sinueuses et hasardeuses me changent des Blocks et des cuadras perpendiculaires argentines. Ici, les maisons de tuffe possèdent une âme. Chaque gentilhommière vous narre sa propre histoire. Ecoutez les silences, les pierres vous chuchotent l’arrivée solennelle de Jeanne d’Arc, les octrois vous revoient aux temps difficiles de la dîme et la gabelle. Flânez, observez et vous revivrez les choix difficiles de Charles 7 devant l’invasion des anglais, l’arrivée de la diligence du cardinal de Richelieu…L’histoire de France colore les remparts de ma petite ville chérie et vous dévoile ses plus beaux secrets à chaque coin de ruelle escarpée. Et le château…..Haaa, Chinon sans son imposant et majestueux château forteresse médiévale ne serait pas Chinon. Une merveille, un défi de l’histoire au temps qui passe… bref, vous l’aurez compris, entre Chinon et moi, c’est fort, très très fort.

Je ne m’étais pas aperçu à quel point retrouver ces senteurs hivernales, ces mélanges olfactifs de tuffeau, de chêne et ces détails enfouis dans mon petit subconscient depuis ma tendre enfance passée sur les bords de Loire peuvent revenir à vous en une fraction de seconde. Mais je suis un grand sensible, c’est pour ça. Une grosse buche de chêne crépitant dans la cheminée, la frangipane des galettes des rois, le fromage-salade de fin de repas, le “bonjour madame, une boule campagnarde et un pain au chocolat s’il vous plait”… Ça n’a pas de prix… Bon, à coté de ça, il pleut et il vente depuis une semaine….38° a Buenos aires, c’est pas mal non plus!

J’ai un peu peur du retour, non pas du fait de reprendre ma tête “d’expatrié” mais du poids de mes bagages…les soldes d’hiver ne sont pas encore commencées et j’ai déjà 17 kilos de trucs à ramener…. Heureusement que j’ai pris la TAM, j’ai droit à deux valises de 32 kilos chacune. On verra bien.

A + Clément





Le saviez-vous?

10 12 2011

Vous mettez quoi sur vos nouilles? “du ketchup!” vous repondra tout bon francais habitué à la malbouffe et la cuisine facile. Sachez que ce petit geste simple (mais néanmoins succulent) saura provoquer les foudres de vos compagnons de tablée argentins, qui s´égosilleront probablement d’un tres sonore: ” Nooo, no puede serrrrr, como haces esto?”* (en mode blasphématoire, les bras levés au ciel et la larme à l’oeil d incompréhension)… Eh oui, chers lecteurs, on ne badine pas avec les nouilles dans un pays  composé de petits-fils d’Italiens: on ne tolérera pas ce sacrilège suprême d’un des plus grands symboles de la culture Napolitaine, et on vous le fera vite comprendre. Un peu comme si vous, petit français, vous étiez témoin d une scène incongrue et grandiloquente comme celle de mettre des glaçons dans un bon verre de malbec! Et pourtant, c est une pratique plus que courante en Argentine. Bref, des petites histoires d’incompréhensions culinaires entre petits-fils d’Italiens et des petits-fils de français partageant un même repas…..

*: Mais enfin! t’es fou ou quoi?  pourquoi tu ne mets pas un fil d`huile d’olive, un pesto, un tuco a l ail, ou un peu de parmesano? Hein, pourquoi?





Mon hotel Préféré

2 12 2011

Saviez-vous que, sous mes airs rigolard et légèrement juvenile, je suis tout de même en possession d’un MBA International en Administration Hôtelière? Et bien sûr, mes amis et les amis de mes amis ne se privent jamais de me narrer leur derniers deboires insolites dans les hotels de Buenos Aires, ou comment ils se sont fait arnaquer en toute beauté sur le tarif… Et oui, ç’est le revers de la medaille: la dure loi de la Pampa. Donc, j’en profite pour vous mettre une bonne fois pour toute  en garde  contre les méthodes olé-olé des services de reservation des hotels en Argentine et, comme je suis gentil, je vous donne un “tuyau”: ne reservez jamais votre hôtel ”en direct” , surtout depuis la France (cqfd: par un coup de fil, encore moins par fax!), car vous aurez de fortes chances d’avoir des surprises à votre arrivée. Glanez auparavant le site de l’ hôtel, lisez bien les prestations offertes, regardez minutieusement les photos des chambres quand il y en a. Un conseil rempli de bon sens pour les plus paranos d’entre vous: servez-vous des  moteurs spécialisés en hôtellerie pour composer votre séjour à Buenos Aires. Il en existe une flopée, pour tous les goûts et tout type de sejour: (système de paiement sécurisé, infos pratiques et actualisées et le tout limpide comme de l’eau de roche). Et souvent, pour être semi-grossiste, vous aurez une bonification sur le prix! Vous aurez ainsi plus de temps pour fignoler les derniers details avec votre mutuelle pour votre couverture, les appels téléphoniques, le taux de change, les travellers chèques!  Et à vous Buenos Aires et les tangos endiablés!





Señor Afilador

16 11 2011

Mon couteau, en plein rajeunissement

    C’est un gibier rare, je préfère vous le dire d’emblée. Un mammifère surprenant virevoltant au gré de ses envies et au hasard des rues. Sa traque s’avère très très difficile. Mais bon, j’aime bien les défis. Et ce matin, bingo! J’ai enfin réussi à piéger l’espèce la plus rare du tout La Plata et de ses environs: Le fameux «afilador» communément appelé homo erectus aiguisatis bicicletarum. Oui oui, un spécimen rare je vous dis…Et selon un même et subtil rituel, il vient discrètement piaffer en toute quiétude sur les parterres résidentiels de la ville en indiquant sa présence d’un imperceptible, mélodieux et bref roucoulement. Et à vous d’ouvrir l’œil, de prêter l’oreille et d’être aux aguets car c’est l’unique signal de sa présence….dès que vous entendez la petite melodie (que je vais essayer de vous dégoter et vous télécharger) lâchez tout et bondissez sans tarder à votre fenêtre pour hurler un fort et audible «SIIII, ya VOYYYY!!». Attention, il devra impérativement vous faire un signe de la pate et vous attendre. Un cérémonial d’approche à respecter à la lettre sinon il vous glissera entre les doigts telle une gazelle en fuite. Cette fois, c’est bon…Mon «afilador» aiguisatis, héhéhé, je te tiens… Ainsi, épuisette photographique en bandoulière, j’ai réussi une des confrontations des plus téméraires avec la bête ce matin et j’ai offert par la même occasion un second souffle à mon couteau de cuisine ! Résultat: Belle prise, beau spécimen. Je suis content de moi.  Pour les paléontologues qui me lisent, sachez que l’afilador homo erectus aiguisatis sort de son terrier en fin de matinée, un peu avant le déjeuner, au moment où la maitresse de maison s’aperçoit que son couteau ne coupe pas très bien, il est peu bavard et a des pansements plein les doigts, donc facilement repérable. Seulement voilà: l’espèce semble en voie d’extinction…Sa survie semble menacée. Non pas pour cause de traque incontrôlée, mais plutôt par désuétude…La Plata recense aujourd’hui plus de homo erectus aiguisatis oficinus que de bicicletarum. Dommage, je trouve ce système très sympa, couleur locale, efficace et super pas cher (2 pesos la lame, soit 40 centimes) et moi j’ai maintenant un chouette couteau qui coupe tout…..aie!





La minute du Bedon

7 11 2011

Suite à une méticuleuse et pointilleuse enquête “terroir et franchouillerie” dans les rayons des deux principaux grand magasins de La Plata, je remarque que l’hypermarché “Carrefour” semble légèrement détrôné par son acolyte geant  américain ”Walmart” en Amérique du Sud en terme de tout ce dont je raffole, parole de gourmand avisé. Constatez par vous-même mon panier de la menagère de mon Dimanche d’achats compulsifs:

L'appel du ventre

NB: il manque sur la photo une terrine de sanglier au cognac du carrefour qui à bizarrement disparue hier soir aux alentours de 21:30  ;-)





Décalage horaire

25 10 2011

Nous sommes en phase d’atterrissage, le commandant de bord vous informe que la température extérieure est de 17° et que l’heure locale est 09h54.

Le décalage horaire est souvent vécu comme faisant partie des choses amusantes lors des voyages à l’autre bout du monde. « trop cool, on est arrivé avant d’être parti ! », « on a vieilli ou rajeuni de deux heures? ».
Pour ma part, je lui trouve un autre avantage hyper-pratique  dans mon petit train train quotidien. Etant donné que l’Argentine prend 5h de retard surla France en ce moment (L’Argentine ne change pas d’heure été/hiver), lorsque j’envoie un mail il y a de fortes chances que la personne ne soit plus au boulot, ou soit déjà couchée avec ces 5 heures de plus. En conséquence, les destinataires de mes courriers vont très probablement me répondre dans la matinée ou le début d’après-midi du jour suivant. Cela veut dire que lorsque je me connecte le matin, une foule de mails se sera accumulée dans ma boîte aux lettres. Ou qu’une réponse que j’attends impatiemment sera là, bien au chaud dans mes petits mails… Et rien que pour ça, ça me donne envie de me lever certains jours… bah oui, faut pas bouder ses petits plaisirs, non?





Cristina Kirchner réelue

23 10 2011

Du jamais vu, même pas de deuxième tour: 52,81% d’un coup d’un seul. Cette victoire était attendue depuis son succès à la primaire du mois d’août mais avouons que la présidente revient de loin. Après avoir essuyé plusieurs revers politiques, elle s’est métamorphosée en speudo wonder woman dans les mois qui ont suivi la mort de son mari Néstor Kirchner, son prédécesseur à la tête du pays.

présidentielles du 23 Octobre 2011

De plus amples informations sur ce scrutin sans surprise sur RFI, la chaine du monde!

Comme d’accoutumée, l’événement sera fêté  en bonne et due forme au pays: rassemblement en masse, feux d’artifices incontrôlés et qui sait…certaines frictions de rue seront probables. Peu importe sous quel angle nous regardons cet événement, et même si je n’ai pas voté (j’ai pas le droit), cette élection n’en demeure pas moins historique.





La TNT à Buenos Aires…

23 09 2011

… Si si, ça aussi c’est possible. Et c’est dingue je dirais même! Ce message est pour toi, cher téléphage expatrié de longue date.  Imagines-toi sirotant un maté avec un petit tango en musique de fond, dans ton patio à l’intérieur de cet immense pays qu’est l’Argentine. Imagines, fermes les yeux: tu es confortablement installé, il fait bon, le cui-cui des oiseaux te sussure à quel point ce pays bénéficie d’une incroyable douceur de vivre mais ton attention est retenue par un dilemme bien plus cornélien, une préocupante question: Je regarde quoi? “Josèphine ange gardien” ou “Le film de France 2″ ce soir? TF1 ou M6? Je zappe  ”Morandini” de Direct 8 pour laisser ma gamine regarder Gulli?  Non tu ne rêves pas cher copain de la génération cathodique,  tu lis parfaitement bien: Recevoir les 21 chaines en direct de la TNT en Argentine, c’est dorénavant possible. Je viens de le découvrir par hasard. Et ô surprise. Ca Marche.  Testé, pesé, emballé! C’est simple, sans logiciel, et c’est encore moins cher qu’un abonnement satellite en métropole.  Bon, pour ma défense, je dois avouer que je suis un télé addict depuis ma plus tendre enfance et que le fait d’avoir lâchement abandonné mes petits programmes chéris depuis mon arrivée en Argentine n’a pas été sans séquelles (!!) . Et quand je constate la pertinence des programmes locaux en ce moment, c’est un réel bonheur de faire le légume devant “Plus belle la vie” (!!!) et de remettre son cerveau en mode “dictionnaire français” quelques fois après une journée entière à s’égosiller en espagnol! Un plaisir cathodique en somme.

Bon, qu’est-ce que je regarde ce soir moi, hein? ;-)





Le “día del amigo”

20 07 2011

C’est aujourd’hui! Youpiiiii! Le 20 Juillet est un jour auquel les Argentins attachent beaucoup d’importance, car “on fête les amis”. Je met l’expression entre guillemets car le concept parait louche pour un français lambda. Faut que je vous explique un peu de quoi il en retourne. Bien que ce jour ne soit pas férié, il en prend les mêmes allures festives, et à l’Argentine (=cqfd: avec sa dose d’élans liriques!) Le principe du Día del Amigo, jolie tradition qui déboule tout droit des States, en hommage à l’effet unificateur et à la fougue collective générée par les premiers pas de l’homme sur la lune, a été adopté sans hésitation dans ce pays ou la solidarité et la chaleur humaine m’ont toujours abasourdi, moi, petit européen individualiste et obtus que je suis. Il s’agit donc, en ce jour du 20 Juillet, de simplement manifester de l’affection et de l’attention à ses amis. “Ni mas, ni menos” on vous répondra ici. On envoie un SMS ”Te quierooooooooo amigooooooooo”, on passe boire un maté pendant 3 heures (sic!), mais la tendance du moment est de se réunir entre amis au resto le soir du 20 Juillet…. Et c’est pire que la Saint Valentin: Tous les restos sont pris d’assaut!!! Il faut réserver sa table 3, voire 4 jours à l’avance, les prix augmentent de 30%…..pfff. Une belle arnaque l’idée resto.

A l’occasion de cette fête, certains en profitent pour renouer avec des amis perdus de vue, ou se réconcilier et repartir sur de bonnes bases.

Cette manière bonenfant de valoriser l’amitié me plaît énormément.  Bon, ok, faut avoir des amis… Mais ce jour peut etre l’occasion de s’en faire si vous êtes recemment arrivé en Argentine! Allez-y, Foncez à la chasse aux amis!

Feliz día a mis amigos! ;-)





Un billet pour l’Amerique.

17 07 2011

L’histoire est belle et surprenante. Avec Luís, nous décidâmes d’aller visiter le Musée des immigrants de Buenos Aires, Un hôtel du service immigration situé à l’entrée du vieux port et ouvert en 1911 afin de faciliter l’arrivée des candidats des deux grandes vagues d’immigration qu’a connue l’Argentine fin 19e et après la deuxième guerre. C’est devenu un réel témoignage en hommage à toutes ces familles anonymes à travers de leurs documents, photos noir et blanc, vêtements ou bibelots oubliés. l’édifice est en rénovation depuis 2001 et semble avoir définitivement échappé aux promoteurs de puerto madero. L’endroit est vraiment très parlant. Fijé entre vestige du passé et en latence dans le présent, il a gardé une authenticité véritable et palpable. On y trouve toujours la débarcadère et les deux ancres à l’entrée comme sur les documents jaunis d’époque. Le bureau social ( papiers provisoires, enregistrement, recherche de travail), l’infirmerie, la cantine sont au rez-de-chaussée, les dortoirs repartis par sexe: femmes et enfants au 1° etage, époux au 2°, hommes célibataires au 3°. Plus d’info, de documents et de photos ici. Tout nouvel arrivant devait obligatoirement séjourner dans ces murs  2 à 15 jours, le temps de mettre son nom sur le registre, faire un check-up santé et lui trouver son premier employeur. Interdiction de quitter l’hôtel avant le premier contrat, règle établie par le service d’immigration et des douanes. Ainsi, Luis, assez intrigué par l’histoire assez obscure des conditions d’arrivée de son grand père en Argentine (un immigrant italien, dont le peu de chose qu’il savait de lui fut son année d’arrivée en Argentine et son lieu de naissance en Italie) se mit à consulter le registre des arrivants, année par année. Et ô surprise de retrouver le nom de son grand-papa, ainsi que celui de sa grand-mère inscrits sur le registre avec le nom du bateau, le jour d’arrivée et  leur passage dans ce même hôtel au debut du siècle. Je vous cache pas que ce fut pour lui une séquence émotion totale. L’endroit est tellement parlant, qu’il s’est mit à penser en noir et blanc, à revoir son grand père déambuler dans les couloirs du bâtiment à la recherche de son premier contrat, à manger assis là au réfectoire avec ses amis de traversée, prendre sa douche le soir avant de rejoindre son petit lit parmi les 1500 du 3° etage. Et sa grand-mère, un étage plus bas…Les larmes aux yeux… Et à moi de penser à la mystique rencontre des miens, une jolie petite bretonne et un jeune parisien fougueux, certainement en Touraine, à la Belle Epoque… Ahhh, quel voyage!

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objets oubliés et anonymes       

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1 des 6 dortoirs de 250 lits                  la salle de repos

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l’infirmerie d’époque                              Tous sont arrivés ici.





Le travail c’est la santé

2 07 2011

Fini le temps où j’avais le temps de faire le touriste, découvrir l’Argentine, buller, prendre l’air, glandouiller, faire grasse mat’ les musées. Et oui (soupir), c’est fini. Et pourtant je ne suis pas à Capri. Il me reste encore toute la Patagonie à fouller!! Mais bon, mine de rien, je me rend compte que je suis devenu un vrai petit professeur de FLE et FLS  et, tel un petit et pugnace Maitre Capello (en plus j’ai les mêmes lunettes!!), je me fais souvent bouffer par la spirale du temps…  Et ça va vite, très vite… analysons ma semaine type:  24 heures du professorat/ traductorat à la fac,  un jonglage assez osé avec la montre pour mes classes avec mes propres élèves, jeunes et moins jeunes, argentins et moins argentins pour embrayer directement avec des traductions de retour chez moi, parfois jusqu’à très tard car c’est bien connu, ils veulent tous leur satanée traduction “pour demain matin”…Et attendez, non non, c’est pas fini…car ensuite je prépare mes méthodes de cours tout en faisant mes TP de fac les plus urgents. Je viens de bien me regarder dans le miroir et ….bilan: j’ai 3 cheveux blancs, des ridules et des lunettes de Maitre Capello…Nan nan, c’est la cata. Même mon chat m’a demandé hier soir :”Dis papa, c’est quoi un work-alcoolique?”…Surmenage, moi? jamais!

Vous allez me dire « Pauvre petit Clementito, heureusement qu’il a ses week-ends pour se reposer! » J’aimerais bien mais non. Sachez que je consacre principalement ces instants de plénitude et de repos réparateur au concoctage de nouveaux exercices  sur des thèmes d’actualité pour mes petits élèves. C’est une hygiène de vie et c’est bien plus marrant d’apprendre le français avec le mariage de Kate et Williams (sic!).

Bon, allez, hop, je vous laisse là dessus car lundi  j’ai un partiel de phonétique française. //parskʒǝlvobjɛ̃(!)//

A plus les p’tit loups.





La phrase du jour

22 06 2011

Entendu ce matin, à 8:34 par Magdalena à la radio Continental: Attention,  on prevoit de la neige sur Buenos Aires ce Samedi”.

Je n’ose même pas imaginer le bazar que ça va être ce week-end.

Bon, fô que j’retrouve mes moufles. A plus.





Toc-Toc à l’Argentine

30 05 2011

  ”Il a vraiment tout pigé ce Baffie”. Je veux dire Laurent Baffie, le sale gosse intrépide de l’audiovisuel français, toujour fourré derrière la camera chez Ardisson. (c’est pas d’hier tout ça!). Bien que je ne sois pas excessivement fan du bonhomme, je suis arrivé à cette reflexion à son sujet car, en janvier dernier, flanant dans les petites bouquineries de l’avenue Corrientes (l’équivalent de la rue de la gaieté parisienne pour ses théâtres), j’ai vu cette affiche illuminée, dont la taille ahurissante n’est pas sans rappeller celle du retour de Dorothée à l’Olympia (sic!), c’est à dire vraiment demesurée. La pièce de théâtre, Toc toc,  produite par Laurent Baffie est en ce moment à l’affiche en Argentine. C’est dingue non ? Au delà de l’incroyable difficulté pour obtenir des places,  (j’ai mis 5 semaines à degoter mes billets!!) et bien decidé à me faire une sortie argentino-française (pour 130 pesos, environ 20 euros), j’ai enfin pu me délecter de cette comédie bouffonne aux accents mabouls. Mais revenons à nos moutons. « Pourquoi diable il aurait tout pigé ce Baffie ? » . Et bien voilà pourquoi: Dans un pays ou l’on compte plus de psychanalystes que de boulangers au mètre carré, ce type de comédie sur les planches argentines est assuré d’un succès garanti rien qu’avec l’immense communauté psy et de clients de psy que compte le pays. Et tout ça sans un gramme de pub! Chapeau Baffie.

En tout cas, moi, j’ai bien ri ! Pour ceux qui ont déjà vu la pièce, je suis sorti du théâtre en disant deux fois mes phrases… Et méditant aussi, en pensant qu’au fond, on est tous un peu timbré quelque part.

*Toc-toc, actuellement au Multiteatro, 1283 av Corrientes (130$)





Salon du livre 2011

24 04 2011

Bonne pêche 2011

 Une fois n’etant pas coûtume, je me suis royalement laché cette année…Une bonne cuvée, les principales maisons d’éditions bien représentées, choix thématique plus ample bien que je me satisfais du coté pratique du “livre de poche” et du rayon “roman”. Et bien sûr, livrophage que je suis, j’ai fait la razzia (voir photo!) au stand français, représenté par la boutique “1000 y unas hojas” , avec qui j’entretiens toujours de bons rapports depuis leur ouverture. Par contre niveau prix, c’est la cata…. Le plaisir de lire revient cher les amis.

Profitez-en, c’est jusqu’au 9 mai à la Rural ( et c’est 20 pesos l’entrée)!





Special gros mots

21 04 2011

Il m’arrive parfois, avec mes élèves, afin de détendre les neurones après une règle de grammaire bien lourdingue, de jouer à répertorier les expressions et autres gros mots du vulgus local. Au deçà d’inevitables crises de rire, on essaye toujours de trouver leur équivalent en français. Et oui, je suis un prof genial! (sic). Au fil des mois, je me rends compte que l’Argentin est très riche en métaphore et, de ce point de vue, il existe toute une flopée d’expressions argentines très difficile à traduire dans la langue de Molière. Aujourd’hui, je m’y attèle et vous dévoile le fruit de quelques heures de vol de relâchement en cours lors de ma pratique du FLE en Argentine. Certaines expressions sont assez crues, âmes sensibles s’abstenir… Mais ça vaut son pesant de cacahuète:

  • Estar a full (con algo):   être débordé, à fond dans un truc.
  • Estar Re- (plus adjectif): Préfixe amplificateur. Etre vraiment (adjectif)
  • Ni loco, ni en pedo*: Hors de question.
  • Meter la gamba: Faire une grosse gaffe
  • Miravos!: Tiens donc
  • Que haces fiera? Que haces Titan?: Dialogue formaté taquin démontrant une connivence (Sans equivalent en français)
  • Che, boludo: Hé, Dis donc petit con (formule amicale)
  • No te hagas el piola!: Ne joue pas au plus malin avec moi!
  • Claro!: Evidemment!
  • Que barbaro!: C’est pas croyable (ironique) ou Super! Genial!
  • Chupate esa mandarina: Ca te cloue le bec hein!
  • Hablo yo o pasa un carro?: houhou, je te parle! Tu m’ecoutes?
  • Que caradura que sos: t’es une vraie tête de mule
  • Sos piñon fijo!: T’es con ou quoi?
  • Ser careta: être prout prout
  • Ser una rata: être radin
  • Ser como soplar y hacer botella: Facile! les doigts dans le nez!
  • Dificil que el chancho chifle: Ca m’étonnerait fort ce que tu dis là!
  • Es un Bagre*: c’est un thon (pour une fille pas très…gracieuse)
  • Es un descanche!*: c’est un gros bordel!
  • Es un quilombo: c’est un bazar! (on dit aussi “conventillo” plus formel)
  • Ser un falluto*: être hypocrite, menteur
  • Ojo el piojo: attention, fait gaffe!
  • Pibe, flaco, chabon: type (mec)
  • hablar sin ton ni son: tenir un discours totalement decousu
  • verbe + al pedo: verbe + inutilement, pour rien!
  • Sos un pato Marrueco (o criollo): T’en rates pas une toi! (une betise). On y rajoute quelquefois “a cada paso una cagada”.
  • Ser el patito feo: etre le vilain petit canard
  • Vamos loco: (prononcer sans le “s”) C’est parti mon kiki!
  • El dia que las vacas vuelan: le jour ou les poules auront des dents
  • Estar entre pito y flauta: être débordé de truc à faire, surbooké.
  • Quedar en pampa y la via: être dans une impasse ( dans la vie)
  • Menos averigua Dios y perdona: manière délicate pour éviter de repondre à une question embarrassante.
  • Para un poco: no es ni muy muy ni tan tan: Calme toi! C’est pas l’affaire du siècle!
  • Te gusta la bombilla de cuero?* : Tu serais pas un peu gay?
  • Estar en pedo*: être completement bourré
  • Estar al pedo*: ne rien faire du tout
  • Estar en la concha de la lora: être dans le trou du cul du monde
  • Carajo!*: Juron globalisateur….(très fort!)
  • Un cuento Chino:  Une histoire  à dormir debout

*: usage plus que  colloquial

Bien sûr cette liste est loin d’être exhaustive, je compte bien l’actualiser de temps en temps. De même que vos contributions et remarques complementaires, je n’en doute pas!

Allez une dernière pour la route: C’est une phrase culte que j’adore tirée du dernier film avec Darin, Un cuento Chino :   

“Como te trata la vida querido?”     ”Como el culo!”       ;-)





Le saviez-vous?

28 03 2011

Comparatif Jan 2011

Special Essence: L’Argentine se place dans le top 3 des pays oú l’essence à la pompe est la moins chère du monde! Le chauffeur paiera environ 0,95 Dollars son litre, juste derrière les USA (0,74US$) et Mexico (0,66US$). Je ne prend pas en compte pas ici le cas  “hors norme” du Venezuela, pays dans lequel Chavez offre l’essence à ses concitoyens pour moins de 0,20US$, encore moins cher que le prix de l’eau!!  De l’autre coté du tableau, on trouve la Hollande, avec un litre d’essence le plus cher du monde ( 1,53 US$), talonné par le Royaume Uni et l’Allemagne. La France arrive en Septième place (1,37US$) du Classement derrière l’Italie et devant le Chili. En voilà une idée cadeau à votre retour en France: Un joli bidon d’essence!

Fuente: infotransporte





Un jardin extraordinaire…

21 03 2011

Ca y est, je l’ai trouvé: Il existe en Argentine, dans la proche banlieue Ouest de la capitale, un endroit magique ou l’on peut secretement y venir buller, se reposer, et même “boluder” (si si on peut!).

Tout comme le chantait charles Trenet, on y trouve de tout, pour tous les ages et on peut y faire tout pleins d’activités, comme par exemple:
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faire du cerf-volant rouge avec les enfants ou promener son petit velo.
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Ou bien piqueniquer sous la fraicheur des sapins, faire un petit somme bienfaisant et reparateur.
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Pecher le Bagre*, le poisson à moustache (voir explication en bas).

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Faire du camping sauvage pour la journée, compter les avions au loin si haut dans le ciel bleu,
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Prendre un petit licuado de banane…Bon, ok j’avoue… prendre deux licuados de banane. Vous savez, celui ou la paille tient toute seule dans le verre!
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Bref respirer, jouer, vivre, s’amuser, fredonner des airs d’antan, rire d’insouciance et se sentir libre comme l’air! Et ceci à quelques encablures de la ville betonnée. Bon, comme je suis bon, je vais vous dire rien qu’a vous ou se trouve ce petit paradis. Donc voilà, prenez un papier et un crayon car je ne le repeterais pas deux fois….Montez dans le “tren de la costa” à la gare de retiro, descendez à la station juste avant “los olivos” et marchez 5 minutes vers le rio…
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Il va evidement sans dire que toute divulgation inopinée de ce secret bien tenu sera sevèrement reprimé par les plus hautes autorités competentes de ce blog, c’est à dire mon chat Gloupy et moi.

* Le Bagre est un poisson peché à cet hauteur du fleuve. Soucieux de votre culture, je souhaite vous informer qu’il s’agit egalement d’une expression courante argentine designant une femme pas tres gracieuse. Genre, c’est un thon= es un bagre. Voilà, il etait important de le preçiser. ;-)





D.N.I resident permanent

17 03 2011

Le ciel était ordinairement bleu, l’air étonnamment frisquet pour une fin Mars. Je pressentais déjà que ce jour allait être un jour spécial: Je me rendais, pour la Nième fois, aux services migratoires pour vérifier si ma demande de radiation permanente dans le pays est aboutie. Après 4 ans de couperet sous la gorge, de visa temporaire de 365 jours et au vu des vertigineux dossiers, photocopies, signatures et autres traductions officielles qu’il m’a fallu fournir en temps et en heure à leur satanés bureaux afin de tenter de me sortir de l’illégalité sur le territoire (on m’avait même interdit de passer les frontières durant la procédure!!), je m’y rendais un peu à reculons dans la peur qu’un coup de tampon illisible me fasse tout capoter ou qu’un responsable zélé ai épluché toutes les feuilles à la loupe… Bon, un grand bol d’air et je rentre dans les locaux. Je me présente à l’accueil, j’attends sagement en salle d’attente, on m’appelle, je m’assoie, mon dossier est ouvert juste là, silence, bruit de page, on me sourit, je souris, on me donne une feuille, je la lis, je souris encore plus, on me parle, je n’écoute plus, je saute de joie. Ca y est, je n’y crois toujours pas: je suis citoyen argentin!

Des années de lutte administratives!

Cette résidence permanente, au deçà de sa portée symbolique, m’ouvre les portes du travail légal, de la joie de payer des impôts, me permettra aussi une circulation sans visa entre Argentine et Europe, une libre circulation intra-Mercosur, et surtout, oui surtout, la fin des longues files d’attentes cauchemardesques aux services migratoires pour finalement se faire refouler en 2 secondes avec un “suivant” crié dans les oreilles…

Je suis résidant permanent en Argentine.





Ego

15 03 2011

18 02 2011  Bonjour,

(…) Je découvre la communauté  “blog” d’Argentine. Je tenais  à  vous saluer
et à  vous féliciter pour votre constance. Je ne sais pas depuis combien de temps vous évoluez dans ce beau pays, mais il est remarquable de rester ainsi faussement Candide et votre style est trés humoristique. Un regal. Certains articles m’ont fait hurler de rire et pourraient s’appliquer à d’autres parties du pays de Mafalda ou à  son continent!! (…) Cordialement.

Voila, c’est tout. Je voulais simplement que ce gentil petit message soit gravé sur ce blog… Merci Xavier.

Parce que je le vaux bien. ;-)





Entre les lignes: le mot “Afrancesado”

17 02 2011

Je regardais hermetiquement une emission télé people ce week-end lorsque je me suis rendu compte à mes depends et apres 6 ans d’immersion totale dans le pays de la signification informelle du mot « afrancesado » ( comprenez « françisé » ) en Argentine. Je vous cache pas que ça calme, je suis à deux doigts de pied d’être en colère tellement la decouverte fut terrible. En fait, dans cette emission, l’animateur se moquait ironiquement d’un ancien maire de Buenos Aires (Jorge Telerman). Ce dernier etant toujours tres poli, courtois, galant, cultivé et bien eduqué pour avoir, selon la logique de l’animateur, vecu quelques années en France. Jusqu’ici, rien d’anormal me direz vous! Et pourtant chers lecteurs…et pourtant…c’est le drame: l’Argentine, le pays soi disant le plus européen d’amerique latine, n’est pas vraiment habituée à toutes ces formules de politesse …si.. françaises? Ainsi, dire « merci », « au revoir », « je vous en prie », « ya pas de quoi » ou autre “tout le plaisir est pour moi” est un peu louche et suspicieux pour le bourru homme des cavernes qui crie devant son match de foot et à l’occasion sa femme qui fait trop de bruit à la cuisine…. Ainsi, vous comprendrez vite que grâce ou à cause de cet ancien maire de la ville, le mot a rapidement muté et qualifier quelqu’un de « Françisé » signifie tout simplement le traiter de gay! Je rêve.





2 buts et 2 jours d’emeutes

13 12 2010

Prenez un parc occupé par des personnes sans papiers, un voisinage surchauffé par l’insécurité et dopé à la xénophobie, ajoutez un brin de laxisme politique volontaire du Maire, 4 jours de silence de la présidente histoire de se renvoyer la patate chaude et vous obtiendrez un scénario digne des pires tele realités, avec chasse à l’homme inclue. C’etait ce week -end, dans la zone de Parque Soldati, ville de Buenos Aires, devenue le temps d’un sordide petage de plombs zone de non droit et bouillon des plus lugubres sentiments de haine ordinaire. Bilan: 4 morts, des démonstrations de racisme profond et de confrontations armées… Des organisations de défenses des immigrés ont d’ailleurs déposé plainte pour “incitation à la haine raciale”. Et moi qui viens juste de terminer le livre de Teulé “Mangez le si vous voulez”, ma confiance en l’être humain s’amenuise comme peau de chagrin… Je me sens un peu analphabète de ce pays lorsque je relis l’article 11 de sa constitution destiné “à tous les citoyens du monde qui souhaitent habiter le sol argentin”. Loin de moi l’idée de faire de la politique à deux balles sur ce blogounet mais je trouve que l’image de l’Argentine vient de prendre un sale coup dans les bottes sur ce coup là, genre carton rouge pour parler local.

Sinon, à propos de parler local, l’autre événement du week-end (entre autres), c’est la victoire par 2 buts à 0 de Estudiantes de La Plata contre Arsenal lors du tournoi d’ouverture. Estudiantes est ainsi champion pour la deuxième fois….Il fallait le signaler. Car on ne badine pas avec le foot…







Vue du ciel

23 11 2010

Que c’est beau la terre vue du ciel!!  Hier, en revenant de Mar del Plata, j’avais rien à faire sinon me mettre de la crème après soleil sur la goule et repenser aux superbes vagues de l’atlantique… Et je suis allé faire une ballade satellitaire pour essayer de trouver de belles images de la côte Atlantique Argentine et j’ai dégoté ça! C’est digne d’un Yann Arthus Bertrand en furie je vous dis. Impressionnant non?

Buenos Aires vue du ciel

Pour vous repérer, j’ai inséré 3 tout petits points sur la photo. Un rouge (ville de Buenos Aires), un bleu plus haut (Ville de La Plata, chez moi à 58 km) et tout en haut, coté droit de la photo un point vert ( La Ville de Mar Del Plata, grande ville balnéaire du pays)… Sur la côte Atlantique, c’est-à-dire là ou l’eau marron cesse, vous avez de nombreuses petites villes sympa de villégiatures estivales (San Clemente, Carrilo, Pinamar, Mar Del Plata..) qui ressemblent à notre cote d’azul en été. De l’autre coté, coté Uruguay, vous trouverez Punta del Este ( trop “bling-bling” à mon goût).

Cette couleur peu ragoûtante du fleuve est due aux sédiments transportés depuis sa source Amazonienne et du Sud Brésil, qui finissent par se dissiper aux portes de l’océan.

Je ne sais pas pour vous, mais moi je trouve cette photo hallucinante. (échelle approx: 1cm: 30km!!!)





Nestor Kirchner est decédé

27 10 2010

Ce matin, l’info fut abasourdissante. Un arret cardiaque à 60 ans. Et le caos politique à venir. Cristina, officiellement au pouvoir, est dejà promue à etre remplacée, par les mêmes membres de son camps. Quel Bordel





Le scoop, le buzz, l’info

5 10 2010

La presse frenchie à Buenos Aires

Parce qu’il est penible pour le conjoint de devoir sans cesse repondre à nos sampiternels “Qu’est ce qui se passe?” ou autres “C’est qui celui là?”  devant le  journal télé, je vous suggère de devenir totalement au-to-nomes et in-tarri-sables sur l’actualité Argentine. En français de surcroit. Non, ne me remerciez pas, c’est cadeau. ;-)

Pour ceux qui, comme moi, souhaitent avoir un panorama en français et des points de vue précis, clairs et concis sur tout ce qui fait l’actualité dans le pays du Gaucho, je vous recommande trois journaux de la presse on line. Le petit journal, dans son édition Argentine,  la cédille, autre hebdomadaire généraliste et pour finir le trait d’union, un quotidien plus sérieux à mon avis. Ces 3 liens vont donneront la température des événements du pays et peut être vous apprendront tout plein de chose que vous ne soupçonniez même pas.  A vous maintenant de choisir votre favori, le style de plume qui vous convient et qui vous ressemble.

Bonne lecture et adieu les “No entiendo ni minga*”!

*: Je pige que dalle.





Des raçines et des ailes.

27 09 2010

- “Ya quoi d’interessant à faire ce week end?”      -”Bah, il y a la fête de l’immigrant à Berisso!”       -”La quoi?”               Ok ok, pas de panique, tonton Clément est là pour faire une serieuse concurence à wikipedia. lol. On met les basket et c’est parti!  Je vous invite. Je prend mon drapeau français et en voiture Simone. C’est pas tres loin.

La capitale de l’immigrant

Pour diverses raisons, sachez que les candidats européens à l’immigration au 19° jusqu’au début du 20° siècle se voyaient offrir un lit, une mutuelle, un lopin de terre et un travail inclu dans le paquet « bienvenue » des leur arrivée dans la ville portegne dans un contexte très attractif. Imaginez: Vastes terres vierges, un pays à construire, espoir de vie meilleure.

Un des 19 stands de la fête

La ville de Berisso, ville portuaire à quelques encablures de Buenos Aires, possède depuis sa création en 1871, une forte culture migratoire. Le fondateur etait un immigrant génois et au fil des années, les rues de la ville se teintent d’accents Européens. L’essence même de la ville est née. L’activité portuaire et  frigorifique florissant accentue la tendance jusqu’en 1960. De fortes communautés se développent, avec une intégration parfaite à faire palir les plan sociaux de certains pays!! Aucun heurt, aucun trouble et il y transpire un grand sentiment d’appartenance à la construction d’une ville très hétéroclite et cosmopolite.

Le spectacle de danse traditionnelles

Ainsi, dans ce contexte atypique, nait en 1976 la fête des collectivités de Berisso. Histoire de faire la teuf mais aussi pour pas oublier d’où l’on vient, pour preserver à l’unisson son identité.

Ainsi, les premiers week end de septembre, pour un mois, et ce depuis 33 ans, la ville ouvre ses portes aux cultures et traditions de ceux qui ont posés les premières pierres de la ville dans une ambiance bon enfant, populaire et authentique. De l’élection de la reine de Berisso, aux saveurs dépaysantes des stands gastronomiques, en passant par le spectacle coloré de danse et la fermeture des festivités avec un défilé en costume traditionnel de chaque communauté, Berisso, cette petite ville ouvrière sans bruit, nous invite à plonger dans son histoire, à nous meler à une fierté innée de ses habitants et à partager ce noble sentiment d’egalité et de fraternité qui semble faire cruellement défaut à nos sociétés dites modernes.

Ma copine Chechi et la joie du Ke Bhab

Pour rasasier votre curiosité (et votre espagnol), Le site officiel de cette fête est ici

Le seul representant français, c'est qui?

En chiffres, il faut savoir que cette fête est tres connue dans le pays, elle regroupe 5.000 participants, 19 pays et accueillent plus de 90.000 visiteurs chaque année. Dont un petit français cette année. Je vais voir si je peux monter le stand France pour l’an prochain… Je vous tiens au courant.





Un tango Nippo-argentin

2 09 2010

Un argentin vient de gagner le championnat mondial de tango 2010 ! Pas surprenant me direz vous. Et bien détrompez vous, ça l’est car cette place est depuis des lustres  réservée à l’élite japonaise. En fait, à y regarder de plus près, je ne suis qu’à demi surpris : Diego Ortega est argentin et son binôme Thizuko Kuwamoto, est Japonaise. De plus, Diego s’est formé dans une grande école de danse depuis 3 ans au Japon.  Je me disais aussi… Un argentin qui gagne le mondial de tango, ça ressemble à une blague. Vous aurez plus d’info ici. A vous de choisir la langue: en espagnol et en français. 

Pourquoi les danseurs du pays du soleil levant sont ils constamment les finalistes de ce concours si culturellement « argentin » ?

En fait, il faut faire un flash back de plus de soixante ans : les Japonais sont aficionados de tango depuis que leurs grands parents écoutent la radio libre dans leur pays. Quel rapport ? Je vous explique : Il nous faut remonter à la seconde guerre mondiale pour comprendre ce curieux phénomène. Selon le système d’alliance politique avec l’Allemagne et L’Italie (après 1942), ce pays devient subitement anti américain, et tout ce qui à un rapport avec l’occident est boycotté dans le pays. De fortes censures culturelles s’instaurent. Fini le rock’n’roll, la valse, le pop et le twist…Dur dur d’être jeune et fougueux à cette époque ! Quel courant musical, symbole de neutralité a le vent en poupe dans les années 40? Le Tango. Et oui, c’est simple comme choux, non. Ainsi, toute la société Japonaise se Tangotise en l’espace de 5 ans et devient experte en la matière à force de profusion d’airs de tango et autres milongas sur ses ondes.

Maintenant, si vous voulez briller dans les salons mondains, vous trouverez les bases de la fiche technique « tango », les diverses versions de sa naissance et de ses origines en cliquant ici. Car un peu de culture n’a jamais tué personne. ;-)

Des questions?





Mafalda vous informe:

26 08 2010

Qu’après de longues années de lutte effrenée, je n’ai enfin plus aucun scrupule.

A quoi bon lutter: la siestounette est culturelle





Partir en Argentine sans parler espagnol…

20 08 2010

… Ou Comment prendre une légère claque en arrivant.

“Bon sang, pourtant j’étais un des meilleurs à mes cours d’espagnol !”. C’est le constat  redondant de tous les français débarquant à Buenos Aires avec un niveau d’espagnol et une phonétique lamentable, il faut le dire.

On vous avait bien dit: “Boh, tu apprendras sur place, tu vas voir c’est facile, c’est de “o” partout!”. Mouais Merci les amis….Je vous la revaudrais celle là. Surtout lorsque je demande un café au bar (dites « Cortado ») et que le gentil serveur vous ramène un croque monsieur à la place (prononcez « Tostado »)…. On se sent seul dans de tels moments.

Et vous serez confrontés à une flopée de  malentendus dans cette jolie ville de Buenos Aires, croyez moi. D’accord au début, ça fait parti du dépaysement mais on s’en lasse vite. Très vite même si n’avez pas au préalable exercé votre espagnol au cours d’un petit séjour linguistique pour évaluer votre niveau. Pour le fun, voici une petite liste de ce qui peut allègrement vous arriver dans les rues de Buenos Aires:

- Se faire déposer en taxi dans un quartier louche par ce que vous n’avez pas su prononcer correctement le « J » de votre rue, ni le numéro (n°1679, c’est dur quand même!)

- Dans le même esprit, prenez un bus et ce sera panique garantie! Aucun arrêt ni horaire et que vous ne comprendrez rien à la grand-mère qui expliquera que la princesse Maxima habite dans le coin. Vous finirez à pied et en retard à votre rendez vous.

- Passer à deux doigts du gâteau triple chocolat-  dulce de leche en vitrine et récolter la tarte au citron rance à côté parce vous ne savez pas dire “noonnnn, pas celle-là !!!!”

-  Se retrouver avec une coupe style mulet (nuque longue) pour les audacieux  qui prétendent parler le langage « coiffure ». Remarquez, si vous souhaitez retrouver votre côté Cindy Lauper des années 80, allez-y, foncez !

 - Louper un petit job de prof de français pour arrondir les fins de mois : comment pensez-vous répondre à vos élèves argentins ?  Les profs de français sourds sont rares vous savez.

 - Rentrer chez vous avec 3 kg de poulet (et non 3 escalopes), un potiron (et non une orange) et 5 bottes de persils (et non une salade).  Ca calme.

 - Se faire dépouiller par toutes les associations plus ou moins louches qui récoltent des fonds dans la rue et envoyer paître tout le monde, même s’ils veulent seulement savoir l’heure! Paranoïaque tu deviendras ! 

 - Rater 14 fois son message du repondeur et ne pas savoir la modifier (“Hola, esta usted bien el telefono de Clément, y se no puede…oh mais tais toi j’enregistre un message là! Oh mince comment on fait pour l’effacer?! Oh, téléphone de mer*e!”)

 Bref, la liste est encore longue. Et je vous incite à apporter vos témoignages sur ce sujet. Histoire de se marrer ;-) La prochaine fois, anticipez les catastrophes, offrez-vous soit un petit séjour linguistique espagne avant de vous expatriez à l’autre bout de l’Atlantique ou faites comme moi prenez quelques cours sans scrupules : je suis passé dans les « très très bons » cette année, plus argentin que moi tu meurs!





Las joyas de la Castafiore

8 07 2010

Il y a t-il des differences entre aller voir un opera en France et en Argentine? En voilà une question qui classe d’emblée ce petit blogounnet sympa dans les hautes sphères des problematiques culturelles!  Bon, ormis le fait que se rendre à l’opera demeure la crème des sorties culturelles et qu’il faille être sur son 31, j’ai decidé, rien que pour vous, de mener une enquête pointilleuse et me jeter dans l’arène lyrique.  Donc, au programme de Clément ce samedi soir: Rigoletto de Verdi au magnifique Teatre National Argentin  . Ah lala, qu’est ce que je ne ferai pas pour satisfaire votre curiosité sur l’Argentine ! Au programme: 3 heures de spectacle. C’est parti, on y va.

Cohue à l’entrée, Barbies sur le tard ( avec plumes, boa, fourrures, parfum, maquillage à outrance…), prospectus de la pièce en main, une jolie plaçeuse, un siege confortable . R.A.S. J’avoue que pour 115 pesos, on est bien plaçés, en “Planta Baja” avec les riches comme on dit ici (sic!). Je lève la tête et observe 3 balcons et  poulaillers bondés. Salle comble. Chuut, on baisse la lumière. Ca commence avec des longs applaudissements rideaux fermés. Pourquoi? On applaudit pas à la fin normalement? Mystère et boule de gomme. Je constate vite que toutes les 5 minutes les acteurs sont coupés dans leur prestation par des applaudissements frenetiques, ce qui est assez penible. Enfin bon, passons. Ce fut une vraie sortie Ferrero Rochers, comme chez l’ambassadeur: On y a vu Victor Hugo en chair et en os!  Et là, je vous vois venir:  “Il a  fumé son siège” ou encore “Et Jeanne d’Arc, elle etait aux toilettes?” Mais non, balauds! Faut que je vous explique. Victor Hugo est une vraie personnalité ici, entre autre animateur sur la radio numero un du pays ”Continental”. C’est un peu le J.P. Foucault de l’Argentine. Et il s’appelle vraiment comme ça. Tout ce que je sais de lui c’est qu’il est extrement francophile et sejourne souvent en France.

Niveau vestimentaire, sachez qu’ici on ose ce qu’en France on oserait jamais porter. Un feu d’artifice de couleurs, texture et autres ustentiles! J’ai opté simplicité: un jean sombre, chaussures noires, caban noir sur une chemise col italien à dominante blanche. Oui, cher lecteur: Je suis  Stephane Bern. ;-)   Bah, je ne vous cache rien. Un petit café à 10 pesos à l’entracte, pause pipi, une petite discut guindée avec le directeur du teatre de la Comedie et on y retourne. Quand je vous dis qu’il y avait du gratin…Il y avait aussi un systeme ingenueux d’ecran au plafond qui traduisait l’oeuvre de l’italien à l’espagnol…La gymnastique du levage de tête etait un peu dur au debut mais on s’y habitue vite. Une bonne soirée donc. Quelqu’un veut un ferrero rocher?





Un mondial tres Espagnol!

2 07 2010

Faisons les comptes: L’Argentine, l’Espagne, le Paraguay et l’Uruguay sont toujours en lice pour la coupe du mondial de foot avec d’autres petites équipes ridicules qui n’ont aucune chance de gagner (sic!). Le mondial sera donc Espagnol ou ne sera pas. Parole de Clément.

Et comme je suis soucieux de votre bien être culturel, et pour titiller votre fibre latino lors des matchs à venir, je vous ai concocté un petit dictionnaire espagnol pour les nuls, orientation football, strictement réservé à l’usage de l’élite et des bien nantis comme dirait Desproges. Olé!

Voici donc le Ba-ba à savoir:

  • Cabezazo de loco:  Coup énorme et spectaculaire de la tête d’un joueur sur le ballon. Ca doit en effet faire mal, je vous le concède mais les joueurs de foot Sud americains ont très bien compris tout ce qu’on peut faire avec l’exterieur de sa tête. Chaque match à sa dose de cabezazo. Et il y en a des super risqués desfois. Ne pas confondre avec le fameux “coup de boule” de Zidane sur un corps humain, qui prendra le nom de “Cabezazo de Zidan”.
  • Gooooooooooooooooool: comprendre “Super, l’équipe que je supporte vient de faire rentrer la balle dans les filets”. Il faut bien sur le crier à  tripes deployées, avec surdose d’excitation, genre les yeux qui sortent des orbites et une bière à la main. Il est impératif que ce gémissement dure plus de 50 secondes pour être compris. Sinon s’abstenir. Sauter en gesticulant sera un petit plus très apprécié.
  • Mala leche: S’emploie lorsque la balle ronde, par tous les moyens et toutes les manières imaginables, ne rentre pas dans le but malgré de nombreuses et vaines tentatives fastidieuses. C’est un synonyme populaire de malchance, littéralement ”poisse”. On dit aussi “Mufa” mais pour le joueur. Il est conseillé de dire “Que mala leche que tiene este equipazo tché!” ( bah dis donc, ils ont une putain de poisse dans cette équipe!)
  • Albiceleste: Vous constaterez, lors de la finale le 12 juillet, que le joueur qui soulèvera la  grosse coupe du monde portera un maillot blanc (albi, latin aube) et bleu clair (celeste, latin ciel). Si si, vous verrez, je vous le predis. Bref un maillot albiceleste. L’adjectif existe également en français mais est très peu utilisé. Par contre ici, tout est devnu albiceleste avec le mondial. Avec la doucje froide des brésiliens, les argentins ont toutes leurs chances pour la victoire, alors commencez à prononcer convenablement ce mot. En phonétique, on le prononce à l’identique mais on rajoute un “é” à la fin: “albicélésté”. Comme olé!
  • Arquero: Nan nan, je ne me suis pas gouré de sport. Ce mot désigne simplement notre “Goal” français. Je veux dire le gardien de but, le Barthez de notre époque à nous les vieux de 98. Et là je dis prudence car pente glissante chers amis: “Gol” en spanish veut dire “but” en français et “arquero” veut dire goal. Vous avez pigé le piège? Et là, vous pouvez commencer à parler couramment l’espagnol en faisant des mix: “Que mufa el arquero!” ou encore ”un cabezazo de hijo de puta”…ha bah non, c’est le mot suivant celui là…
  • Hijo de puta: désigne tout joueur adverse ayant mis un but dans vos filets. Un but souvent mis par surprise, et déclencheur d’une amère rancune passagère. Sachez que ne pas crier son désarroi avec cette expression sera très mal perçu dans les pays latinos.  Il est même de très bon ton de faire précéder cette expression d’un “no te puedo creer” (J’y crois pas) ou “concha de la lora” (intraduisible sur ce blog élégant) en se mettant les mains sur la tête, faire un truc très lyrique style la larme au coin de l’oeil sera très bien vu.

Voilà voilà. Vous savez l’essentiel pour bien passer les prochains matchs. Pour l’ambiance, préférez une table bien garnie en alcool, fromage, chorizo et olives. bannir la crêpe suzette à ce stade de l’apprentissage des us et coutumes latinos. Ce serait dommage de tout foutre en l’air pour une histoire de sarrasin, non?

Y suerte a todos!








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