La règle du Klaxon

21 08 2012

   J’étais tout bonnement en train de siroter ma petite mousse “Quilmes” du samedi à la terrasse du café Chez Benoît sur la fameuse Plaza Paso (pour Les Platenses, qui connaissent bien cette place mais aussi pour ceux qui aiment savoir les détails croustillants et sans importance de ma petite vie) lorsque je me mis à réfléchir sur l’incontrôlable envie des Argentins à klaxonner n’importe où, pour n’importe quoi. Et, en y regardant de plus prés…car il faisait beau et j’adore faire le badaud aux terrasses des cafés…J’ai pu établir ma petite règle à moi sur ce sport argentin qu’est « tocar la bocina »:

1°: l’Argentin use de son avertisseur sonore lorsqu’il estime que le traffic est trop lent à son goût. Les voitures de devant et derrière klaxonnant aussi, y a pas de raison après tout. Une loi du plus long « tut-tut » dont l’efficacité reste à prouver.

2°: l’Argentin use de son avertisseur sonore pour exprimer maladroitement une joie ou une satisfaction impromptue. Un but marqué par l’équipe de foot de son village, l’invitation à un asado surprise, un feu rouge grillé sur le fil par exemple.

3°: l’Argentin use de son avertisseur sonore ( et ne pas faire ici l’amalgame avec le n°2) pour exprimer son désir, mais à un lieu spécifiquement stratégique: à l’arrêt, au feu, devant le passage piéton. Entendez par là qu’il ne le ferait pas à un autre endroit. Il klaxonne énergiquement la gente féminine qui passe devant son pare choc et, par conséquent, son klaxon, qu’il s’empresse de presser énergiquement en l’agrémentant souvent d’une gestuelle et d’un langage, codifié dirons nous, par la fenêtre de sa voiture.

Voilà, c’était ma minute de réflexion pertinente et contemplative. Je m’épate, je m’épate. « Mozo, otra Quilmes por favor »!! 😉

 


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11 responses

21 08 2012
Banette

Je suis pas le bon exemple car je klaxonne tout le temps mes amis que je croise, au risque de me prendre une prune carabinée…car à Bruxelles, ce genre de “pollution sonore”est sévèrement puni…je touche du bois, je ne me suis jamais fait chopé !

21 08 2012
NikoHooHoho

… in biro veritas…

22 08 2012
Jean

Le patron de Chez Benoît serait-il devenu plus aimable ?
Ah! Les Argentins et les femmes, toute une histoire! Je me souviens, en attendant de pouvoir traverser plaza Paso qu’un Monsieur très bien, très chic, m’a tapé sur l’épaule et m’a dit quelque chose pour attirer mon attention, il voulait simplement me faire remarquer une jolie femme qui montait dans un taxi; je n’ai pas bien compris ce qu’il avait dit, certainement un compliment, une remarque comme un hommage.
Pourrait-on imaginer la même chose à Paris ? Faire parler quelques unes des images de Doisneau?

22 08 2012
Luciana Dalib

Bonsoir Clément,
Je suis franco-argentine, née à Buenos Aires de père argentin et de mère française. J’ai 35 ans et j’ai vécu à Buenos Aires jusqu’à mes 31 ans car j’habite en France depuis 4 ans, moche crise sudaca “oblige”.
Mon copain vient de me renvoyer cet article où tu parles de la manie des argentins de klaxonner pour tout et n’importe quoi: pour rendre la circulation plus dinamique, appeler quelqu’un, fêter un événement personnel ou bien une victoire parfois même sans intérêt général…et la liste est illimitée. J’ai, parmi d’autres manies très argentines, cette manie-là, que j’essaie d’apprivoiser par respect pour l’environnement sonore, les autres et celui de mon portefeuille (car en France on doit payer une amende sauf cas d’extrêment urgence). Je trouve ton observation très pertinente et amusante car ça montre encore une fois le décalage entre les pays attachés et respectueux des lois et les pays du “chaos”, comme l’Argentine, dans lequel on s’habitue souvent à vivre très bien si on est quelqu’un d’éveillé et de débrouillard. Le chaos aide à être et à rester réveillé car chaque petite chose de la vie quotidienne peut être une surprise, du moment qu’elle ne répond pas à la stricte application d’une loi. Par contre, le chaos peut être aussi fatiguant. Pour moi, le mieux c’est de vivre la moitié du temps dans le chaos et l’autre moitié dans l’ordre ou vice versa.
Bonne fin de journée
Luciana

23 08 2012
argentin

Roberto, en fait le proprio…. Je sais pas qui c’est ! Je ne l’ai jamais vu. Luciana, je suis assez d’accord avec toi sur ce mixage à faire entre ces deux cultures…je suis certes « open minded » mais je n’en reste pas moins français. Je constate que mes infos sont à mettre “à l’envers” pour toi! Pour ma part (hormis le klaxon inutile et à outrance), j’aime assez ce “chao formel”comme tu dis ici, il est même tres bien organisé…ce ptit “bordel” est plein de codes culturels, de rituels et d’obligations. Je sais pas si on va comprendre ce que je dis mais toi certainement que si.

23 08 2012
Luciana Dalib

Oui, je comprends ce que tu veux dire sur ce bordel qui, à force d’exister, finit par avoir ses propres codes et règles.
Un bon cocktail franco-argentin devrait être excellent car les ingrédients sont très complémentaires.
Beaucoup d’argentins grillent les feux rouges mais les piétons argentins y sont habitués et donc, avant de traverser, ils regardent la route et non pas la couleur du feu. Dès qu’il n’y a pas de voitures, on traverse.
De nombreux chauffeurs de bus à Buenos Aires s’arrêtent en-dehors de l’arrêt, souvent en plein milieu d’une avenue, quand ils voient une personne lui faisant signe. Ça me faisait vraiment plaisir chaque fois que ça m’arrivait car c’était comme un petit câlin de la part du chauffeur qui montre une réactivité humaine et non robotique. Le mauvais côté, ça peut provoquer des accidents.
Ce qui est sûr c’est que, quand on est habitué à vivre dans le chaos, on est tout le temps attentif à tout. On n’a pas le choix si on veut rester vivant.

25 08 2012
argentin

C’est vrai, oui. Moi ce que j’adore, c’est le bisou du matin à tout le monde, sans exception de sexe, d’âge, de contexte ni de hiérarchie! Ça oui, c’est de la relation humaine ! C’est du pur jus 100% dermique dont je raffole et qui est vraiment symbolique des rapports humains quotidiens argentins. Je n’imagine même pas faire une bise à ma patronne et encore moins à mon patron à Paris!

25 08 2012
Luciana Dalib

C’est clair que le rapport aux autres est radicalement différent en Argentine en général et à Paris (car je suppose que dans le sud de la France ça doit être encore autre chose).
Les argentins, en général et de façon naturelle, aiment être avec des gens, que ce soit de façon spontanée ou programmée, des gens et savent entrer en contact avec les autres sans aucune difficulté, comme une chose normale, naturelle. Cette aisance relationnelle est très rare à Paris. C’est un de leur gros point faible des parisiens.

26 08 2012
Fern.

Clément, tu sais que sur l’autoroute, plus précisement devant le péage, s’il y a trop de monde et que la queue dépasse les 7 minutes d’attente … alors, là …c’est le drame … je te conseille des bouchons pour les oreilles !!!

30 08 2012
NouNou

t’est sur que t’est en argentine ? la facon de claxoner des argentin me rappel celle des nicois et luciana a raison dans le sud de la france on fait pleins de bisous bon pas autant qu’en argentine faut pas exageré mais quand meme quand t’arrive quelque part vaux mieu arriver le premier sinon les bisous te prenne une bonne partie de la soirée

16 09 2012
Alain

Aujourd’hui j’ai entendu un petit gamin français dans les rues de Buenos Aires dire « Qui c’est qui a toqué la bocine »! joli melange, non?

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