L’oeil du lynx

12 11 2016

Elles sont partout!

C’est d’un œil aiguisé, tel un Rouletabille cathodique, et ce malgré mon léger strabisme divergeant, que je me suis amusé à repérer les pubs diffusées sur les chaines françaises et tournées en Argentine. Et bien croyez-moi, cette année, il y a du beau monde dans ma besace! Bonne récolte pour la période 2016-2017. Chers amis français, oui vous, qui connaissez si bien tous les recoins d’Argentine, entre les pubs du PMU, Axe, Perrier, Rexona, President, Peugeot 308, EDF, Citroen C3, et j’en passe et des meilleures, vous n’aurez que l’embarras du choix. Scrutez-les bien: il y a toujours The petit détail qui tue. Elles ont toutes été tournées « dondé vos solo lo podes saber »!

Et en voici quelques unes, rien que pour le plaisir de l’indicius revelatus. Pour la pub Camenbert Président ci dessous, le décor devrait largement vous mettre sur la voie:

Et pour ne pas bouder notre plaisir, je vous en propose une deuxième. Il s’agit de la Pub Perrier. Regardez bien, admirez l’incroyable panorama au fond à la minute 00:09! C’est fou, non!

A plus les groopie’s 😉





l’Argentine et le risque pays 2015

4 05 2015

Silencce, on vole!Même si au niveau sécuritaire, la France n’a rien a envier a sa grande cousine argentine (visionnez cette carte de risque pays) , certaines recommandations aux voyageurs avides d’exotisme parues cette semaine sur le site du quai d’Orsay  nous dévoilent une Argentine aux rues incertaines, livrée à de gros problèmes sociétaux, montrant une recrudescence des drogues et des violences urbaines… « Pas très ragoutant tout ça! » me direz-vous. Et bien non, lisez bien le titre de ce blog et vous comprendrez que je ne suis pas la pour vous vendre que du rêve. Soyons réalistes et surtout logiques: En tant que touriste, il est important d’être informé lors de la préparation de son voyage et de savoir que venir en Argentine, ce n’est pas partir au pays de Candy.  En effet, sachez que la plupart des procédés bien connus des loubards sans scrupules en France sont utilisés de façon encore plus violentes et sauvages de l’autre cote de l’Atlantique: du vol à la tire aux filouteries bien perverses en passant par des tarifs au faciès, vous vous verrez certainement confrontés à l’une des situations listées dans la liste lors de votre séjour au pays du tango.

Pour ma part, en 10 ans d’argentinisation dans ce beau pays fougueux, j’ai uniquement (sic) été victime d’une seule usurpation de carte bleue lors de mes premiers mois sur le territoire… encore naïf et incrédule à l’époque, mais sachez que bon nombre de mes amis et famille, lors de leur visite, ont subi des vols de sac en pleine rue commerçante, des prix excessivement chers, des « visites » de chambre d’hôtel avec disparition d’argent et d’effets personnels. Bref, sans tomber dans la paranoïa, on ne vous le répétera jamais assez: Prenez vos précautions,  camouflez le mieux possible vos signes extérieurs de richesse touriste, fondez vous dans le décor.

Et tout se passera bien.





L’ Argentine obsédée par le Dollar

24 09 2013

peso   En Argentine, se procurer des dollars relève du parcours du combattant. Ce qui est difficile à comprendre pour nous, petits français. En effet, devant les régulières bouffées d’inflation et de dévaluation du pesos argentin, le dollar est devenu le saint Graal des Argentins, un étalon fiable  tout comme le deutschemark avant l’euro.

Seulement, en Argentine, une flopée de magouilles et autres trucs non-officiels sont apparus puisque les banques sont les seules autorisées à donner des dollars à ses ressortissants. Du style, toi, t’as une bonne bouille, tu peux en avoir, toi non…. Quid des critères d’attribution? Mystère et boule de gomme. Par lassitude et désenchantement face à ce mur bancaire, le « dollar parallèle », sous le manteau, est né , évidement bien au deçà des taux officiels de change. Autre combine: Le « dollar blue » qu’on se procure auprès des « arbolitos » (cqfd:vendeurs à la sauvette), mais aussi le « dollar tarjeta » pour les achats payés par carte à l’étranger, car ce mode de paiement permet d’être surtaxé par la banque de (seulement – sic!) 15% par rapport au taux officiel ( le dollar parallèle, dépassant allégrement  les 50% -double sic!)) ce qui revient concrètement à subventionner les dépenses à l’étranger des classes aisées à hauteur de 4 à 5 milliards de dollars par an…

Le petit dernier est le « dollar azafata » (« le dollar hôtesse de l’air »), un peu plus cher  (triple sic!): il faut bien rémunérer les employés de compagnies aériennes (et autres professionnels se rendant souvent à l’étranger) car ce sont eux qui vont vous retirer de l’argent à l’extérieur du pays,  genre une « mule » du billet vert.

La prolifération de tous ces taux chaotiques  (« dollar ladrillo » pour les opérations immobilières, « dollar gris » etc. etc.) permet aussi de « bicicletear » (faire tourner) l’argent en jouant sur les marges différentielles et les petits gains réalisés (c’est le principe de fonctionnement des bureaux de change officiels et des « arbolitos », l’argent vaut de l’argent, ce qui permet de faire avancer la bicyclette: le dollar)

Mais que fait le gouvernement? Me direz-vous. Nada ma bonne dame. Il laisse faire, car ce système profite bien allégrement à ses propres dirigeants! Ces  bicyclettes financières sont un trésor pour qui sait bien le manier….

Voici le site de tous les taux ubuesques disponibles sur http://dolarblue.net/, un vrai bazar: dollar bleu, parallèle, tarjeta, azafata et vert, et les debuts de l’Euro dans cette spirale sans fond… c’est tout un arc-en-ciel !

 (Source: Mediapart.fr)





Le chiffre du Jour

4 03 2013
ou un soir ordinaire de consommateur argentin

27 minutes

C’est mon nouveau record de temps passé à poireauter dans une file d’attente. Et c’était chez Coto, l’enseigne de petit supermarché de proximité. J’enrage, je bous, je suis cramoisi. Que se soit à la banque, au caisse du supermarché, dans une administration ou encore à l’arrêt de bus, faire la queue est un sport national. Et il faut être fin stratège pour tenir son agenda ici. En règle générale, j’affiche une moyenne de 14 minutes de queue, tous secteurs confondus mais aujourd’hui…pffff….. 27 minutes… A pestiférer contre la fatalité car aller dans un autre supermarché (à 3 kilomètres)  n’aurait pas été mieux. Il y a trop de consommateur pour trop peu d’offre….Agenda « flexible » et désorganisation hautement conseillée. j’enrage….





L’Argentine, la Pub et Désireless

12 12 2012

Ce sont mes élèves de Français qui vont être contents. Les petits enfants de Désireless peut-être un peu moins…

(En ce moment sur les télés argentines)





INDEC, un mensonge à 13 pesos

8 11 2012

Il faut que j’appelle l’INDEC (l’équivalent de l’INSEE pour le calcul de l’inflation) pour qu’ils m’expliquent comment, selon leurs dernières stats, peut-on « vivre » avec 13 pesos par jour en Argentine?

L’Indec, en publiant ces chiffres ubuesques, grotesque et aux méthodes douteuses, n’en est pas à son premier coup de Trafalgar. En 10 ans, cet organisme officiel s’est vu remettre plusieurs fois à sa place par le FMI, mais là, c’est la goute d’eau qui fait déborder le porte-monnaie. Pendant ce temps, les argentins paient leur boucher avec des liasses de billets de 100 pesos (taux de change à 6,2 pour un €) tant l’hyperinflation est courante, genre brouette allemande des années vingt mais sans planche à billet. On perd de l’argent rien qu’en respirant!

Et cela ne s’arrête pas là. Grands amis devant l’éternité (sic!), les économistes anglais* on carrément préféré avoir recours à un organisme privé américain pour calculer le véritable taux d’inflation en Argentine! Là où le guide Michelin envoie des clients mystères dans les restos, des économistes encagoulés sont mandatés en Argentine!  C’est un vrai James Bond ce truc!

Devant toutes supputation affabulatrice, reprenons notre classique panier de la ménagère:

2010                                                                            2012

  • Cinéma : de 20 à 25 pesos                                          de 35 à 45 pesos
  • Café noir au bar: 2 à 5 pesos                                     de 10 à 15 pesos
  • Timbre pour la France: 6 pesos                              9 pesos (et prévoir un mois)
  • Restaurant : petit gastro 60 pesos                          petit gastro 120 pesos
  • Bière au bar : 10 à 15 pesos le litre.                         12 à 18 pesos le litre
  • Salaire minimum à Buenos Aires: 2500 pesos     3500 pesos (subjectif)
  • Course en taxi : 4 pesos environ/kilomètre.          6,25 pesos/ kilomètre
  • Ticket de bus : 1,10 pesos                                           2 pesos
  • Ticket de métro : 0,75 pesos                                      2,50 pesos
  • Ticket de train: 0,80 en première zone.                  1, 50 pesos
  • Coiffeur sans chichi: 30 à 40 pesos.                        50 pesos
  • Caddie mensuel ( une personne) : 600 pesos.      2000 pesos
  • Plein d ‘essence (le litre): environ 4 pesos.            environ 7 pesos
  • Consultation médecin: 80 pesos.                             100 pesos
  • Un bon petit vin: 25 a 30 pesos                                50 à 60 pesos
  • Hotel en walk up : de 100 à 200 pesos                   300 pesos mini

. En effet, alors que le taux d’inflation de l’Argentine est estimé par l’Indec à 10%, les organismes privés s’accordent à dire qu’il s’élève à près de 25%.  A vos calculettes!…Non mais: 13 pesos par jour, je crois rêver…

* Journal britannique The Economist, dans un article intitulé Don’t lie to me Argentina,





Une addition, deux mondes.

18 10 2012

..ou ce que les Argentins n’aiment pas chez le Franchute!
En apparence, Français et Argentins vivent dans le même monde. Pour avoir la réputation d’être la ville la plus « Européenne » d’Amérique latine, le centre-ville historique de Buenos Aires prend plus souvent des allures Haussmanniennes que pré-hispaniques . Mais les apparences sont trompeuses. A bien y regarder, ces deux mondes sont culturellement assez différents. Et tant mieux. Un exemple de la vie quotidienne: le pourboire.

« Los Franchutes son unas ratas ! »*
« Les Français sont tous des radins ! » m’a répondu un jour  un serveur lors de cette enquête socioculturelle (qui comportera plusieurs volets). Et le constat est unanime. Guides, taxis, serveurs vous le confirmerons. Le pourboire est difficile à traduire au pays du gaucho. Pourquoi un jugement si radical ? Tout simplement parce que nous sommes habitués au système du « tout compris » pratiqué au pays du Coq Gaulois, et par conséquent, certains n’ont pas le réflexe « propina », qui conventionnellement devrait se calculer entre 5 et 10% de la somme. Pourtant en Argentine, la propina  se donne pour tout, dès lors qu’un service est rendu. Surtout pour les restaurants où l’on vous comptera en plus sur votre ticket le prix de « l’usure des couverts » . Et croyez-moi, votre fourchette vaut de l’or (entre 15 et 20 pesos les couverts soit 4€) « Oui mais c’est déjà dans le montant tout ça ! » beuglerez-vous, irrités d’être soudoyé de tous les cotés de l’assiette. Oui c’est vrai, c’est énervant mais ici c’est comme ça !
Il faut savoir que dans certains restaurants, les serveurs ne touchent comme salaire que les pourboires laissés par les clients. Il m’est déjà arrivé de voir un étudiant argentin, employé à mi-temps dans un resto, revenir vers des touristes peu informés sur le point de quitter leur table et leur demander très gentiment si quelque chose leur a déplu pendant le service ou dans leur assiette… Avec les français, les scènes les plus cocasses se vivent à ‘addition. En effet, il y a bel et bien un fossé culturel : certains clients « oublient » que le service n’est pas compris ; d’autres sont mortifiés à l’idée de ne pas laisser assez, d’autres sortent directement la calculette. Et de l’autre coté de la table un serveur outré qui déduit que sa prestation est jugée catastrophique, ou que les français sont de sales radins… On n’est pas sortis de l’auberge.

*Les français sont des gros radins.

Et si je vous faisait payer la lecture de cet article, hein? 😉








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