Ici, là bas et vice-versa.

7 03 2013
La complexité de l'expatriation

La complexité de l’expatriation

Il y a des jours comme ça, un peu plus gris que d’autres.Des jours ou l’on n’a envie de rien  sauf de sauter dans le premier avion pour un petit aller/retour en Touraine. Et il faut assumer. Résider ailleurs, c’est comme avoir deux maitresses, dont l’une deviendrait épisodiquement plus fougueuse que l’autre, nous fait parfois vibrer davantage. L’adultère géographique est grisant, il pimente le quotidien et finalement, c’est ça qui est bon. Oui mais il y a des moments, comme aujourd’hui, où on voudrait bien faire juste un petit « rewind » comme sur les walkman et revenir au début de la chanson. Là, tout de suite, maintenant,  je sauterais bien dans un avion juste pour respirer l’odeur de la soupe maternelle qui m’a fait grandir, l’odeur des chênes de la foret de Chinon. Juste pour retrouver les miens, autour de la table familiale, un verre de vin devant moi. Juste ça.

Allez Clément, desserre un peu la gorge et respire bien fort. La rentrée de Mars  n’est qu’un mauvais moment à passer. Pour tous les expatriés du monde, rappelons-nous surtout ceci: ce fut notre choix et personne ne nous a forcé. C’est le prix à payer pour avoir quitté la Mère-Patrie, notre mère tout-court, une sorte de taxe d’habitation un peu plus salée, notre TVA : Taxe pour Vivre Ailleurs, notre impôt sur l’Aventure.

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D.N.I resident permanent

17 03 2011

Le ciel était ordinairement bleu, l’air étonnamment frisquet pour une fin Mars. Je pressentais déjà que ce jour allait être un jour spécial: Je me rendais, pour la Nième fois, aux services migratoires pour vérifier si ma demande de radiation permanente dans le pays est aboutie. Après 4 ans de couperet sous la gorge, de visa temporaire de 365 jours et au vu des vertigineux dossiers, photocopies, signatures et autres traductions officielles qu’il m’a fallu fournir en temps et en heure à leur satanés bureaux afin de tenter de me sortir de l’illégalité sur le territoire (on m’avait même interdit de passer les frontières durant la procédure!!), je m’y rendais un peu à reculons dans la peur qu’un coup de tampon illisible me fasse tout capoter ou qu’un responsable zélé ai épluché toutes les feuilles à la loupe… Bon, un grand bol d’air et je rentre dans les locaux. Je me présente à l’accueil, j’attends sagement en salle d’attente, on m’appelle, je m’assoie, mon dossier est ouvert juste là, silence, bruit de page, on me sourit, je souris, on me donne une feuille, je la lis, je souris encore plus, on me parle, je n’écoute plus, je saute de joie. Ca y est, je n’y crois toujours pas: je suis citoyen argentin!

Des années de lutte administratives!

Cette résidence permanente, au deçà de sa portée symbolique, m’ouvre les portes du travail légal, de la joie de payer des impôts, me permettra aussi une circulation sans visa entre Argentine et Europe, une libre circulation intra-Mercosur, et surtout, oui surtout, la fin des longues files d’attentes cauchemardesques aux services migratoires pour finalement se faire refouler en 2 secondes avec un « suivant » crié dans les oreilles…

Je suis résidant permanent en Argentine.








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