D.N.I resident permanent

17 03 2011

Le ciel était ordinairement bleu, l’air étonnamment frisquet pour une fin Mars. Je pressentais déjà que ce jour allait être un jour spécial: Je me rendais, pour la Nième fois, aux services migratoires pour vérifier si ma demande de radiation permanente dans le pays est aboutie. Après 4 ans de couperet sous la gorge, de visa temporaire de 365 jours et au vu des vertigineux dossiers, photocopies, signatures et autres traductions officielles qu’il m’a fallu fournir en temps et en heure à leur satanés bureaux afin de tenter de me sortir de l’illégalité sur le territoire (on m’avait même interdit de passer les frontières durant la procédure!!), je m’y rendais un peu à reculons dans la peur qu’un coup de tampon illisible me fasse tout capoter ou qu’un responsable zélé ai épluché toutes les feuilles à la loupe… Bon, un grand bol d’air et je rentre dans les locaux. Je me présente à l’accueil, j’attends sagement en salle d’attente, on m’appelle, je m’assoie, mon dossier est ouvert juste là, silence, bruit de page, on me sourit, je souris, on me donne une feuille, je la lis, je souris encore plus, on me parle, je n’écoute plus, je saute de joie. Ca y est, je n’y crois toujours pas: je suis citoyen argentin!

Des années de lutte administratives!

Cette résidence permanente, au deçà de sa portée symbolique, m’ouvre les portes du travail légal, de la joie de payer des impôts, me permettra aussi une circulation sans visa entre Argentine et Europe, une libre circulation intra-Mercosur, et surtout, oui surtout, la fin des longues files d’attentes cauchemardesques aux services migratoires pour finalement se faire refouler en 2 secondes avec un « suivant » crié dans les oreilles…

Je suis résidant permanent en Argentine.

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