Des raçines et des ailes.

27 09 2010

– « Ya quoi d’interessant à faire ce week end? »      -« Bah, il y a la fête de l’immigrant à Berisso! »       -« La quoi? »               Ok ok, pas de panique, tonton Clément est là pour faire une serieuse concurence à wikipedia. lol. On met les basket et c’est parti!  Je vous invite. Je prend mon drapeau français et en voiture Simone. C’est pas tres loin.

La capitale de l’immigrant

Pour diverses raisons, sachez que les candidats européens à l’immigration au 19° jusqu’au début du 20° siècle se voyaient offrir un lit, une mutuelle, un lopin de terre et un travail inclu dans le paquet « bienvenue » des leur arrivée dans la ville portegne dans un contexte très attractif. Imaginez: Vastes terres vierges, un pays à construire, espoir de vie meilleure.

Un des 19 stands de la fête

La ville de Berisso, ville portuaire à quelques encablures de Buenos Aires, possède depuis sa création en 1871, une forte culture migratoire. Le fondateur etait un immigrant génois et au fil des années, les rues de la ville se teintent d’accents Européens. L’essence même de la ville est née. L’activité portuaire et  frigorifique florissant accentue la tendance jusqu’en 1960. De fortes communautés se développent, avec une intégration parfaite à faire palir les plan sociaux de certains pays!! Aucun heurt, aucun trouble et il y transpire un grand sentiment d’appartenance à la construction d’une ville très hétéroclite et cosmopolite.

Le spectacle de danse traditionnelles

Ainsi, dans ce contexte atypique, nait en 1976 la fête des collectivités de Berisso. Histoire de faire la teuf mais aussi pour pas oublier d’où l’on vient, pour preserver à l’unisson son identité.

Ainsi, les premiers week end de septembre, pour un mois, et ce depuis 33 ans, la ville ouvre ses portes aux cultures et traditions de ceux qui ont posés les premières pierres de la ville dans une ambiance bon enfant, populaire et authentique. De l’élection de la reine de Berisso, aux saveurs dépaysantes des stands gastronomiques, en passant par le spectacle coloré de danse et la fermeture des festivités avec un défilé en costume traditionnel de chaque communauté, Berisso, cette petite ville ouvrière sans bruit, nous invite à plonger dans son histoire, à nous meler à une fierté innée de ses habitants et à partager ce noble sentiment d’egalité et de fraternité qui semble faire cruellement défaut à nos sociétés dites modernes.

Ma copine Chechi et la joie du Ke Bhab

Pour rasasier votre curiosité (et votre espagnol), Le site officiel de cette fête est ici

Le seul representant français, c'est qui?

En chiffres, il faut savoir que cette fête est tres connue dans le pays, elle regroupe 5.000 participants, 19 pays et accueillent plus de 90.000 visiteurs chaque année. Dont un petit français cette année. Je vais voir si je peux monter le stand France pour l’an prochain… Je vous tiens au courant.

Publicités




Un tango Nippo-argentin

2 09 2010

Un argentin vient de gagner le championnat mondial de tango 2010 ! Pas surprenant me direz vous. Et bien détrompez vous, ça l’est car cette place est depuis des lustres  réservée à l’élite japonaise. En fait, à y regarder de plus près, je ne suis qu’à demi surpris : Diego Ortega est argentin et son binôme Thizuko Kuwamoto, est Japonaise. De plus, Diego s’est formé dans une grande école de danse depuis 3 ans au Japon.  Je me disais aussi… Un argentin qui gagne le mondial de tango, ça ressemble à une blague. Vous aurez plus d’info ici. A vous de choisir la langue: en espagnol et en français. 

Pourquoi les danseurs du pays du soleil levant sont ils constamment les finalistes de ce concours si culturellement « argentin » ?

En fait, il faut faire un flash back de plus de soixante ans : les Japonais sont aficionados de tango depuis que leurs grands parents écoutent la radio libre dans leur pays. Quel rapport ? Je vous explique : Il nous faut remonter à la seconde guerre mondiale pour comprendre ce curieux phénomène. Selon le système d’alliance politique avec l’Allemagne et L’Italie (après 1942), ce pays devient subitement anti américain, et tout ce qui à un rapport avec l’occident est boycotté dans le pays. De fortes censures culturelles s’instaurent. Fini le rock’n’roll, la valse, le pop et le twist…Dur dur d’être jeune et fougueux à cette époque ! Quel courant musical, symbole de neutralité a le vent en poupe dans les années 40? Le Tango. Et oui, c’est simple comme choux, non. Ainsi, toute la société Japonaise se Tangotise en l’espace de 5 ans et devient experte en la matière à force de profusion d’airs de tango et autres milongas sur ses ondes.

Maintenant, si vous voulez briller dans les salons mondains, vous trouverez les bases de la fiche technique « tango », les diverses versions de sa naissance et de ses origines en cliquant ici. Car un peu de culture n’a jamais tué personne. 😉

Des questions?








%d blogueurs aiment cette page :