Le saviez-vous?

10 12 2011

Vous mettez quoi sur vos nouilles? « du ketchup! » vous repondra tout bon francais habitué à la malbouffe et la cuisine facile. Sachez que ce petit geste simple (mais néanmoins succulent) saura provoquer les foudres de vos compagnons de tablée argentins, qui s´égosilleront probablement d’un tres sonore:  » Nooo, no puede serrrrr, como haces esto? »* (en mode blasphématoire, les bras levés au ciel et la larme à l’oeil d incompréhension)… Eh oui, chers lecteurs, on ne badine pas avec les nouilles dans un pays  composé de petits-fils d’Italiens: on ne tolérera pas ce sacrilège suprême d’un des plus grands symboles de la culture Napolitaine, et on vous le fera vite comprendre. Un peu comme si vous, petit français, vous étiez témoin d une scène incongrue et grandiloquente comme celle de mettre des glaçons dans un bon verre de malbec! Et pourtant, c est une pratique plus que courante en Argentine. Bref, des petites histoires d’incompréhensions culinaires entre petits-fils d’Italiens et des petits-fils de français partageant un même repas…..

*: Mais enfin! t’es fou ou quoi?  pourquoi tu ne mets pas un fil d`huile d’olive, un pesto, un tuco a l ail, ou un peu de parmesano? Hein, pourquoi?

Publicités




Señor Afilador

16 11 2011

Mon couteau, en plein rajeunissement

    C’est un gibier rare, je préfère vous le dire d’emblée. Un mammifère surprenant virevoltant au gré de ses envies et au hasard des rues. Sa traque s’avère très très difficile. Mais bon, j’aime bien les défis. Et ce matin, bingo! J’ai enfin réussi à piéger l’espèce la plus rare du tout La Plata et de ses environs: Le fameux «afilador» communément appelé homo erectus aiguisatis bicicletarum. Oui oui, un spécimen rare je vous dis…Et selon un même et subtil rituel, il vient discrètement piaffer en toute quiétude sur les parterres résidentiels de la ville en indiquant sa présence d’un imperceptible, mélodieux et bref roucoulement. Et à vous d’ouvrir l’œil, de prêter l’oreille et d’être aux aguets car c’est l’unique signal de sa présence….dès que vous entendez la petite melodie (que je vais essayer de vous dégoter et vous télécharger) lâchez tout et bondissez sans tarder à votre fenêtre pour hurler un fort et audible «SIIII, ya VOYYYY!!». Attention, il devra impérativement vous faire un signe de la pate et vous attendre. Un cérémonial d’approche à respecter à la lettre sinon il vous glissera entre les doigts telle une gazelle en fuite. Cette fois, c’est bon…Mon «afilador» aiguisatis, héhéhé, je te tiens… Ainsi, épuisette photographique en bandoulière, j’ai réussi une des confrontations des plus téméraires avec la bête ce matin et j’ai offert par la même occasion un second souffle à mon couteau de cuisine ! Résultat: Belle prise, beau spécimen. Je suis content de moi.  Pour les paléontologues qui me lisent, sachez que l’afilador homo erectus aiguisatis sort de son terrier en fin de matinée, un peu avant le déjeuner, au moment où la maitresse de maison s’aperçoit que son couteau ne coupe pas très bien, il est peu bavard et a des pansements plein les doigts, donc facilement repérable. Seulement voilà: l’espèce semble en voie d’extinction…Sa survie semble menacée. Non pas pour cause de traque incontrôlée, mais plutôt par désuétude…La Plata recense aujourd’hui plus de homo erectus aiguisatis oficinus que de bicicletarum. Dommage, je trouve ce système très sympa, couleur locale, efficace et super pas cher (2 pesos la lame, soit 40 centimes) et moi j’ai maintenant un chouette couteau qui coupe tout…..aie!





La faim au ventre

13 05 2010

15h34, je suis sur les fesses. Pas un gramme de sucre au supermarché. L’Argentine est en pénurie de sucre, de beurre et riz depuis une semaine. Oui, vous lisez bien. Les gondoles des magasins sont vides, le peu qui reste vaut une petite fortune, la ménagère de moins de 50 kilos est insatisfaite et le fond de l’air est frais ce matin. Qu’est ce qu’on peut y faire? (c’est une phrasounette fataliste très courante dans ce pays: « Que le vas a hacer? »). Donc en voilà une bonne question. Qu’est ce qu’on fait? Bah on attend derrière son caddie en pensant à la bonne tarte Tatin qu’on ne mangera pas… Non en fait le problème est recurent en Argentine et le pire c’est que personne ne bronche. Rappellez vous en Mars 2008, on ne trouvait plus un seul poulet à acheter. Moi, j’ai pas fait l’ENA mais quand j’ai le ventre vide, je deviens Einstein: il faut favoriser le marché national avant d’exporter les 2/3 de la production. L’Argentine est un grand producteur de sucre (provinces de Tucuman et Mendoza), et le « Centro Azucarero Argentino » vient de le comprendre! Pour la partie chiffres, la production totale de sucre en Avril fut de 2,1 millions de tonnes et 1,6 million est parti à l’export. Ha-llu-ci-nant, non? Ha quelles sont jolies les gondoles de mon pays…
Pour le lait et le beurre, même combat. Et là c’est du délire dans un pays qui compte deux fois plus de vaches que d’habitants. Dans la série « je me fous ouvertement de la gueule du consommateur », je demande Miguel Paulon (président de la Federation Laitière). Cette même fédération (la CIL) nous bassine avec des regards de chien battu que la pénurie est due aux effets climatiques. Bien sûr Arthur. Et pour le riz monsieur, c’est quoi le problème? Les pneux des camions ont tous éclatés? La bonne nouvelle, c’est que Monsieur Paulon dit que  » il n’y a pas de problème avec les yaourts »! Ca me rappelle Marie Antoinette et son « Ils n’ont plus de pain? Qu’on leur donne de la brioche! ». Moi, J’ai faim. Et comme une sale nouvelle n’arrive jamais seule, on apprend hier que l’Argentine veux cesser d’importer toute denrée qui serait qualifiée de « substituable » dans le pays. (SIC). Ca me donne encore plus faim de toblerone et de moutarde Maille tout ça! Bon, je vous laisse là dessus car je vais commencer à mastiquer des bouts de bois moi, pour commencer à habituer mon estomac aux lois du dollar.





Y a pas que dans la rue…

18 06 2008

…que c’est le bordel!
cuisine et dependances

Non, non…. Vous ne revez pas. Ce n’est pas le tournage du remake de la grande evasion, ni un documentaire sur la chasse aux taupes mais bel et bien l’etat actuel de ma si jolie petite cuisine. Je me dis que ça faisait bien longtemps qu’une tuille ne m’etait pas tombé sur la tête…J’en ai la larme à l’oeil de savoir que je n’ai plus d’eau « pour une durée indeterminée » comme on dit ici…Bref rappel des faits depuis hier matin:
Le problème: Fuite d’eau dans mon immeuble, au 9° etage. Action: Tout casser sottement étage par étage en commençant bien evidement par les etages les plus hauts. Objectif: Trouver au plus vite la provenance de la fuite mysterieuse. Strategie: application à la lettre de la loi de la pesanteur. Effet: pas d’eau dans l’appartement pendant X temps ( sur une base semaine). 

Ca c’est du plan strategique!





On dit « mufa »*

16 10 2007

Que faire un beau dimanche ensoleillé à Buenos Aires? Faire un footing pour perdre quelques kilos superflus du à l’arret de la cigarette. Et bien nan, pas là non…ce ne sera pas pour cette fois! En fait, nous avions planifié d’aller visiter le quartier chinois de Buenos Aires (quartier  Belgrano, de la rue Montaneses à Juramiento). Oui, je sais ce que vous pensez: cela fait un an et demi qu’il est installé ici et il ne connait toujours pas le quartier chinois…la honte et tout et tout…Bah, oui. La honte. J’assume. Je suis pas tres chinois en fait. Du chinois, j’aime le parler, sa sauce aigre douce, son systeme wok et ses casse-têtes. Sinon bof. Bon, afin de palier à ma curiosité, une fois sur place, nous avons craqué sur des champignons tout jolis tout pleins ( un melange carabiné de hongos de pino, shitake, hongos rojos, jirolas et deux autres dont j’ai bouffé le nom). Nous les avons cuisiné avec des boulettes de soja et du riz basmati. C’etait super bon! Seulement voilà, l’histoire etait trop belle …Le drame arriva sans faire de bruit et sans crier gare. Les premières naussées ont debuté vers minuit, suivies de sueurs et entrecoupées de forts tremblements. Des « gargouillis estomacaux »  presageaient rien de bon pour les heures à suivre…Et la nuit du 14 au 15 octobre 2007 fut longue, tres longue croyez moi. 17 allées et venues aux toilettes. Les jambes en coton au levé du soleil, et un lundi entier au lit à maudire (en espagnol, restons classe s’il vous plait!) ces sales chinois sans scrupules et sans aucune règle d’hygiene dans leurs bordeliques cuisines insalubres… Cette mesaventure s’appelle intoxication alimentaire. Et c’est fou comment ça vous chamboule un bonhomme! Aujourd’hui, malgré une sensation de vide intense et une forte fatigue lancinante, je vais mieux. Tellement mieux que pour changer des pates à l’eau pour re-eduquer mon estomac, ce soir, ce sera relache: ce sera du riz. Afin de terminer sur un point positif, je peux dire que je connais enfin le quartier chinois de Buenos Aires.

 *mufa: argot. quelqu’un qui n’a pas de chance, porte poisse.








%d blogueurs aiment cette page :