Invasions anglaises

16 08 2006

Non, vous ne revez pas. L’heure est grave. L’Argentine est livrée à elle même, c’est la guerre. Les envahisseurs de la couronne britannique ont assiegé la ville, le vice roi d’espagne de Buenos Aires(Sobremonte) s’est fait la malle il y a quelques jours laissant les portenos demunis devant l’impitoyable commandant Home Popham et ses 1600 hommes. Que faire? Comment lutter? Le roi d’Espagne ne reagit pas, preoccupé par le frère de Napoleon, Joseph qui vent tout de même de lui piquer sa place sur le trône d’Espagne. Personne ne reagit alors! Calmons nous, pas de panique, organisons la defense. Je nomme le general Liniers ( un français), Rivadavia (argentin) et le citoyen Alzaga ( riche marchand) à la tête de la resistance anti british. Laissons les hisser leur drapeau colonial de cup of tea au balcon du cabildo si ça leur chante, pendant ce temps, la strategie de la revolte prend forme. Discrète, sournoise et strategique, armes et volontaires sont ratissés pour la grande bataille de la liberté…

argentine-020.jpg  

 La date est fixée: le 12 août 1806 à l’aube. C’est la surprise pour les anglais: la guerre, la vraie avec des escopettes, des criollos, des canons et de la poudre à gogo. Du sang, des cris, peur et carnage…à la soirée, les anglais se retirent du territoire apres 46 jours de souveraineté britannique sur le sol argentin. Ca vaut bien une petite fête.

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Seulement voilà, apres cet evenement, l’argentine n’a pas digerée l’absenteisme flagrant du roi d’Espagne. Un vent d’independance souflant sur toute l’amerique latine, Liniers continua sa lutte pour cette fois liberer le pays de l’empire colonial. Ce ne fut pas chose aisée. Sa forte ambition lui vaudra la vie lors de longs et violents combats opposant argentins et espagnols. Alzaga egalement. Beaucoup de prisonniers, de sang encore une fois.

« Quelle connerie la guerre » Jacques Prevert.

Mais pendant ce temps, de l’autre coté de la cordillère, on appaudit le general San Martin, natif de Corrientes en Argentine, qui est en train de liberer le perou, le chili et qui continue sa chevauchée vers Buenos Aires. Avec ses granaderos, dont Belgrano, il fut reellement le liberateur de la patrie et est celebré dans ces trois pays comme un heros. Il reussi à destituer le vice -roi d’espagne et creer une assemblée de 9 representants argentins (« le cabildo abierto ») en ce 25 mai 1810. L’argentine est réellement liberée de tout pouvoir espagnol le 09 juillet 1816, soit 10 ans apres avoir mis un coup de pied au derrière aux anglais. Quelle histoire reconstituée dimanche dernier devant le cabildo pour commemorer le bicentenaire de l’invasion anglaise!

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10 responses

17 08 2006
David

Surprenant cette invasion. On n’a pas appris cette periode coloniale à l’ecole. On nous l’aurait caché?

17 08 2006
Clément

Non, mais c’est tout simplement ecrit en toutes petites lignes sur les manuels anglais, entre l’invasion de l’inde, australie, afrique du sud…

17 08 2006
Luis

« el que no salta es un inglés !!! « 

17 08 2006
Kevin

A real movie your story!

18 08 2006
Jode

General John Whitelock was the main figure of this war, Popham was only the leader of troops on the river « la plata »

18 08 2006
Clement

Thanks jode for this correction, but I do not seem such an expert as you are… Et merci aussi a tous pour ces commentaires!

24 11 2006
nounoursfred06

merci pour ce ptit cour d’histoire j’adore l’histoire j’espere qu’il y en aura d’autres ………. et yesssssss niké les rosbiffff

24 11 2006
nounoursfred06

et non suis pas anglophobe suis francais c’est tout lol

23 05 2007
La fête de la Patrie « Blog: L’Argentine sans detours

[…] de l’Argentine, ou ignorent l’explication de ce jour ferié, lisez mon post “invasions anglaises“, je le trouve tres bien construit ( les chevilles gonflent un tout petit peu […]

4 11 2007
René

Pour tout savoir sur cet épisode romantique des fondations successives de l’Argentine, il faut parfois qu’on nous fasse un dessin. Et dans ce cas, quatre mains sont mises à contribution. Celles de Milo Manara et de Hugo Pratt, dans la bd El Gaucho, relatent crayons à l’appui, de l’excellente défense de ces criollos de ley dans les années 1806 et 1807. Savoureux et exquis.

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