A coeur ouvert.

27 08 2007

C’etait previsible, c’est arrivé. Je manque de recul, d’objectivité et d’impartialité. Je ne sais pas si vous l’avez remarqué ( sinon faites semblant ça me fera plaisir) mais la mission première de mes billets reside principalement à degager une grossière et vulgaire image candide et ingenue d’une Argentine assez differente à ce que l’on nous montre dans les guides lambda. Au depart, j’avais vraiment matière à composer, des tonnes de details, d’anecdotes bizarroidales, d’histoires dejantées, de photos halucinantes sur mon petit quotidien Porteno. Et les posts etaient réellement amusants, frais et originaux (<< mode je me la pète!). Seulement voilà: Apres presque deux ans au pays du Gaucho, apres avoir observé, sondé, testé le pays dans ses retranchements, apres avoir noué des amitiés sincères argentines et portenas, apres avoir compris que l’argentine occupe une place privilegiée dans mon coeur, il m’est difficile de garder mon regard amusé et étranger intact: Bref, une barrière est tombée, Clément s’est argentinisé et le voilà parti à dire des “boludo”, à penser en peso, a plebisciter le systeme D, à faire la queue pour prendre son bus toujour en refusant de boire du maté.

Ainsi, je me trouve devant un dilemne tres cornelien: mettre fin à ce blog afin de vivre egoistement “à cent à l’heure” mon Argentine à moi, à fond les boulons, sans risquer de lacher des posts moins pertinants vu que les us et coutumes de l’Argentine ne me surprennent plus et que par consequent, mon blog n’en sera egalement que moins surprenant ou bien poursuivre cette aventure virtuelle en changeant la thematique du blog, auquel cas il deviendrait plus informatif, plus touristique et par consequent peu original ( il en existe des tonnes de ce type). Je dois chercher un nouveau concept….Je ne sais pas….Je manque de recul, d’objectivité, d’impartialité. Je vous tient au courant.

Bon, evidemment il n’y a pas mort d’homme mais par respect, je tenais à vous faire part de ce petit desarroi bloggien.

A bientôt.

Clément




6 feet under

18 07 2007

Ah oui, le passage celèbre en argentine grace au  film truc machin..comment il s”appelle déjà ce film…”

Oui, chers amis, vous lisez bien. Ne l’ebruitons pas trop mais il existe un passage souterrain  culte pour les amoureux du ciné argentin en plein coeur de la ville. Je vous entend déjà crier à corps et à cris “Mais ou est -t-il Clément? Ou se cache la trappe de ce magique endroit? Emène nous à la decouverte de ce lieu mystique!”

 Bon, d’accord. Allez, on chausse les baskets et c’est parti pour l’enquête. Billet simple pour l’obelisque s’il vous plait, au carrefour de l’avenida 9 de Julio et de Corrientes.

Moi: “Heu… excusez moi madame mais je cherche un passage souterrain par ici, j’ai entendu dire qu’il etait celèbre par ce qu’un film y aurait eté tourné. J’en sais pas plus. Ca vous dit quelque chose? Un film argentin. Dans une galerie souterraine. Vous voyez de quoi je parle?”

La Dame:”Mais bien sûr que oui, regardez. L’entrée est juste derière vous!”  (quelle chanceux ce Clément!!)

En effet. L’entrée etait belle et bien derrière moi…

balade 003  c’etait ecrit pas assez gros.

Je descend donc dans le ventre de la baleine. J’ai l’impression de refaire l’incroyable parcours d’Amelie Poulain sur les lieux du tournage. Quelques marches tout au plus et je me trouve nez à nez avec un gigantesque microcosmos, une veritable fourmillière grouillante sur plus de 500 metres et des  petites echopes exigues a la routine bien huilée. J’observe. Tout le monde se connait, tout le monde est ami. Le serrurier fricote avec la repasseuse, le cireur est en colère contre le quincailler car il ne lui avait pas dit que la couturière fricotait elle aussi. Le coiffeur qui appelle son chien partout.  A donde se fue este maldito perro? Ah il est là, avec le “ferretero” ( le vendeur de cadenas, boulons, poignées ect..). Et moi dans tout ça? Bah, je fais le badau avec mon appareil photo. Une odeur âpre d’autrefois, de vieux cuir et de poussière se degage de partout et de nulle part. Plus je penètre dans ses entrailles, plus la sensation d’etre descendu dans la machine à remonter le temps se fait intense. Je decouvre des echopes et des anciens metiers que je ne pensais pas être autre chose que des decors de vieilles cartes postales jaunies.
balade 009 
balade 005  le Lustrador
balade 006      balade 008  Le snack et l’antiquaire-bijoutier-orfevre-acheteur-mont de pieté.
rues 011 

Lui, il ramollit et ellargit les chaussures en cuir.
Ce passage traverse l’avenue 9 de julio de bout en bout, est truffé de petits commerces tous aussi hallucinants les uns que les autres sur ses flancs et est connecté aux lignes de metro Pellegrini/9 de julio. Donc extremement frequenté, animé et vivant. Je vous le conseille si vous passez par là.

Et pour mon retour, j’ai pris le metro jaune ( linea C). Vous savez, celui dont les murs sont bleus
balade 010

Au fait, le film qui a rendue celèbre cette galerie s’appelle Abraso partido. En français, Le fils d’Elias. (Je l’ai vu, c’est un beau film).

Voila c’etait mon apres midi taupe cinephile. ;-) generique de fin.




La Viruta

15 07 2007

21h pile, je passe la porte d’entrée. Dans le hall, une petite foule compacte et bruyante est déjà prete pour le cours collectif de Salsa. J’y aperçois ma petite Agus dans un recoin, statique et intriguée  face à cette agitation d’apprentis danseurs. Un univers qui ne semble pas le sien, ni le mien d’ailleurs. Après quelques petites blagues sur nos capacités d’apprentissage et s’etre affranchi de 10 pesos pour beneficier des cours de la soirée, on nous dirige vers le sous sol. Au programme, deux heures de cours: un de Salsa, un de Tango. OK…On se bat, on y croit, et on y va…Et là, la phrase qui dit en espagnol “le tango c’est frotter le parquet” prend tout son sens….Un parquet immensement lisse comme j’en ai rarement vu nous accueille. On se voit dedans. Tous les puristes autour qui semblent vous regarder…ça me fait legèrement complexer…Mais j’ai rien dit, je suis un dur.

      viruta piste
En attendant l’arrivée du prof de Salsa, faire la queue pour le vestiaire, puis faire une deuxième queue pour aller aux toilettes…..A vue de nez, nous sommes environ 200 personnes…La salle est bondée, la piste est surpeuplée, c’est un peu l’usine je trouve. Allez, on y va: premier pas vers l’avant, un en arrière…pff…Même pas d’ espace vital pour danser…Mon conseil: vous y rendre en semaine pour prendre les cours car impossible sinon de suivre les pieds du prof, d’ecouter les consignes des exercices et de garder votre concentration alors que vous n’etes pas dans le rythme. Bref, je decouvre que mon bassin ne m’obeit pas et qu’il s’obstine à ne pas vouloir se dehancher. En l’occurrence Agus, comme l’indique son signe astrologique, danse la salsa comme un poisson dans l’eau. C’est à dire super bien comparé à moi.
      cours de salsa
22h30, le cours de salsa se termine…ouf, il fait chaud…On 5 minutes de pause? Bien, je vais me degourdir les jambes avant le cours de Tango…je vais au bar prendre un petit rafraichissement. Je discute un peu avec la dame, le barman et là, ôh surprise! Je fait la connaissance d’une française: Fabienne, une Rennaise qui vient de passer une année à Mendoza et qui doit aller visiter Perou et Colombie dans les jours à venir. A peine le temps de discuter que nous sommes appelés pour le cours de tango qui commence. Agus et moi nous sommes inscrits au cours de “principiantes”, c’est à dire pour les nuls.
      fabienne        principiantes 

       Fabienne l’experte                          Nous, les nuls
Fabienne maitrisant un peu plus le tango, elle etait dans le groupe “intermediario”. Chacun dans son groupe, ça ne rigole pas. On se dit donc à plus tard…et surtout bonne chance. Les profs commencent le cours et je ne comprend rien d’emblée…et je sais dejà que ce cours va être difficile. Je dois remercier Maru qui, passant faire un petit coucou à son amie Agus, a pris sur son temps et sur sa patience surtout pour me donner un bon cours basique rien que pour moi. Ainsi, je suis maintenant incollable sur le”balancement”, “le bougé lateral”, “les 3 pas”, la tactique du “paso 4″, ainsi que la posture, le glamour et tout et tout! et c’est quand vous voulez pour le show.Enfin, vers Minuit, les cours stoppent, tout le monde s’applaudit, se congratule et on laisse la place à un petit orchestre Milonguero pour la nuit….Les experts rentrent en piste et dansent un tango de tout les feux de dieu…

  viruta   tangoo
…Les yeux petillants, epuisé, je repensais encore au chouette moment que je venais de vivre dans mon petit bus 140 sur le chemin du retour…

Merci Agus pour m’avoir fait decouvrir l’endroit!




Tango, Milonga et le bordel du port

23 06 2007

Oulala tango!
Le Tango. Un mot envoutant. Il évoque mystère, passion, volupté et sensualité. Lisbonne et son Fado, Seville et son Flamenco, Buenos Aires et son Tango. Sachez que les premieres traces du tango remontent en 1880. Rien de surprenant donc puisque culturellement tout commence en 1880 en Argentine, à la première vague d’immigration. Il sera denominé tango “criollo” (”Dame la lata”, Nicamora”). C’est-à-dire un tango regroupant 3 caracteristiques:Il est sans parole, instrumenté par un mix piano-flute-violon, et s’ecoute uniquement dans les “prostibulos” ( bars à putes), appelés vulgairement “lupanares” ou encore “quecos”. Imaginez vous le contexte de l’époque: L’immigrant arrivait en eclaireur au port de Buenos Aires souvent seul, sans femme et enfants…Fallait bien occuper les samedis soirs…La prostitution argentine a connu un terrible essor de 1890 à 1930, et au tango de suivre la même courbe.

A cette même epoque, les “patoteros”, jeunes hommes de bonnes familles se rendaient egalement dans ces prostibulos, se melangeaient à la foule criolla et se battaient souvent entre eux pour obtenir les faveurs de la dame. Le bandoneon (qui n’et pas un accordeon, attention), arrive et remplace peu à peu la flute. Le tango commence à muter: Il se danse et s’appelle desormais”Tanguillo” (toujours avec une connotation negative). Ainsi, on conçoit mieux le pas de danse du tango contemporain. Dans les prostibulos portenos, certains avaient le coup de poignard façile. L’homme ne danse pas, il dirige. Il ne se retourne pas, il ne recule pas, il est vigilant dans sa demarche de seduction. C’est un corps à corps strategique.

Comment le tango fut-il tiré des bordels?  Grace aux patoteros, qui devulgarisèrent beaucoup cette musique et cette danse. Les premiers “affinages” d’un tango artisanal apparaisent (1905, “La Morocha” de Enrique Saborido) mais il reste cependant marginalisé par la haute societé. Un français decida d’emporter avec lui sur le bateau quelques echantillons de cette musique et cette danse eut un succes arrogant dans les salons français et allemands malgré quelques reticences de l’eglise. Le pape Leon 13 interdit cette danse, en vain! De  retour à Buenos Aires, cette musique enrichie des eloges de Paris dans les journaux est enfin acceptée et apparait dans les cabaret de la ville.

Le premier Tango chanté tel que nous le connaissons aujourd’hui nacquit en 1916 par Pascal Contursi avec “Mi noche triste” en reprenant l’instrumentation actuelle ( avec bandoneon), et les paroles caracteristiques du tango: Fin d’un amour, nostalgie et lamentation.

On pourrait également associer le developement du tango à l’arrivée du radicalisme au pouvoir en Argentine. Un changement politique total en 1915, une stabilité politique, une fin de la violence urbaine qui donnèrent une profusion de nouveaux talents et de nouveaux tangos. Ce fut la belle epoque du tango. Si on ne se bat plus, on fait quoi? On s’ennuie et on se lamente sur son sort (”El lamento del cornudo”). Enfin bon, c’est ma theorie…

De nos jour, nous parlons egalement de “Milonga” et de style “Milongero” en plus du Tango. A l’origine, une milonga etait une musique rurale, de la pampa. Le mot est devenu ensuite l’endroit ou se danse le tango, et aujourd’hui il signifie un tango dont le rythme est plus acceléré, plus urbain aussi.

Les Japonais sont aficionados de tango, ils sont toujours en finale du mondial de danse de Tango. Savez vous pourquoi? Il nous faut remonter à la seconde guerre mondiale pour comprendre le phenomène. Selon le systeme d’alliance, ce pays devient subitement anti americain, tout ce qui à un rapport avec l’occident est boycotté. De fortes censures culturelles s’instaurent. Fini le rock’n'roll, la valse, le pop et le twist…Quel courant musical, symbole de neutralité a le vent en poupe dans les années 40? Le Tango. Ainsi, toute la societé Japonaise se Tangotise en l’espace de 5 ans et devient experte en la matière.

Voilà, vous avez les bases de la fiche technique “tango” pour briller dans les salons mondains…

Des questions?




3 medocs et un verre d’eau

9 06 2007

Je me suis fait rare cette semaine sur le blog, et ce n’est pas à mon habitude. Je vous dis pourquoi? bah non, j’ai pas envie….Ne confondons pas “vie privée et vie publique” vous repondrait haut et fort Mireille Dumas en tapant du point sur la table.

En fait, la raison de mon absence est d’une banalité affligeante: J’étais overbooked et malade …avec des antibiotiques halucinogènes à ingurgiter toutes les huit heures et si vous etes doués en maths, c’est reveil 6 heures du mat’ pour le premier. Et en Argentine, personne ne se lève à 6 heures du matin, c’est inhumain! 8 heures d’accord, 6 heures non.

De plus, la fin du quadrimestre arrivant à grands pas d’argentin ( c’est à dire mi juillet les examens finaux), je doit rendre mes travaux pratiques en ce moment. J’en ai trois cette année. J’ai dejà rendu celui de “gestion d’evenementiels”, celui de “marketing” avec powerpoint, il me reste celui de “patrimoine” pour la semaine prochaine….je suis en train de le boucler entre deux medicaments.

Si on ajoute les effets secondaires de ces grosses pastilles bleues ( somnolence, elephants roses, les dents qui poussent) à mon sevrage clopeux, cela donne un melange carabiné. Même mon chat s’est rebiffé en me repondant haut et fort “Miaowwwww” en tapant du point sur la table avant hier.  Concretement, cette fatigue et cet etat nauséeux ressemble a s’y meprendre au syndrôme de la femme enceinte. Rien de plus, rien de moins. j’ai déjà pris 2 kilos….pff… Vivement les vaccances d’hiver car j’ai une soudaine envie de chutes d’iguazu là….

Pour me faire pardonner de ce silence mais egalement pour donner un coté jeune, vivant et dynamique à ce blogounet au top de la pointe culturelle, informative et mediatique, voici une chanson que tout le monde s’arrache en ce moment a Buenos aires. (Julietta Venegas-Me voy)

 Enjoy. ;-)




“Je te plante le parasol”

19 12 2006

Au depart, c’etait une blague publicitaire argentine pour des telephones portables. Tout est excessivement bien parodié: un tube de l’été debile, un petit son en carton de techno, du soleil, une forte connotation sexuelle, et un refrain vraiment inoubliable…

Victime de son succes, CTI movil est aujourd’hui number one au box office avec son “te clavo la sombrillaaaa” et tous les argentins veulent apprendre cette perilleuse choregraphie pour etre top tendance sur la plage cet été 2007. Allez, on pose sa Quilmes, on fini le morceau de viande de sa bouche, on court vite chercher un parasol et c’est partiiii!

Perso, je maitrise déjà le dehanché moi! et comme disent les trois petites mémés sur le rocher, ça me donne un coté “sensual”!!! ;-)