Les 15 deboires que vous vivrez en Argentine

4 06 2014

1) Vous déciderez d’aller flâner sur la Rue Florida un dimanche:

Principale rue commerçante de la ville, victime de son succès, elle est surpeuplée le week-end.

2) Vous réaliserez qu’il y a énormément d’expos, de théâtres, de culture dans cette ville!!

Buenos Aires est un véritable bouillon de culture!

3)  Vous prendrez, à vos risques et périls, le bus.

Bienvenue dans Starwars!

4) Vous prendrez une envoutante leçon de tango.

Si si, vous verrez..

5) Vous prendrez l’embarcation qui vous amènera au pied des chutes d’Iguazu.

Gaffe à l’appareil photo hein! ça mouille!

6) Vous crierez à corps et à cris que vous n’aimez pas trop la viande bovine, ou le dulce de leche.

pour info: l’Argentin mange 3 kilos et demi de bidoche par jour et 7 pots de confiture de lait.

7) Tu te demanderas pourquoi tout le monde "huppé" se rue à Palermo le samedi.

Mais enfin allo quoi!!?? C’est the place to be!!

8) tu resteras hypnotisé devant l’incroyable beauté des argentines (et des argentins aussi!).

Keskeu té bonne!

9) On te demandera si tu aimes Cristina Kirchner, la présidente.

Sujet sensible. Mieux vaut faire la blonde. NE REPONDEZ JAMAIS à cette question.

10) Vous croiserez le pickpocket qui vous dépouillera en deux secondes.

Sous titre: "avec le temps, on panse ses plaies" (sic)

11) Le vendeur vous refusera la vente car il ne peut pas vous rendre la monnaie sur votre billet de 100 pesos.

la chasse à la petite monnaie est ouverte: un sport national!

12) Vous péterez un plomb un jour où vous serez pressé.

5 minutes en France: 50 minutes en Argentine. C’est la règle de 10.

13) Vous adorerez boire du Fernet- Coca.

Apéro Italien à base de Distillat d’herbes aromatiques. Number one en Argentine.

14) Tu découvriras les différents taux de change Euro/Peso: l’officiel, le parallèle, le blue, le turista…

Ben.. téléphone à ton copain économiste à l’INSERM, il t’expliquera.

15) on vous demandera à votre retour, votre bilan des vacances.

C’est un autre monde, et tant mieux!

Et un grand merci à Katrine Damgaard et Jan Matheu pour l’inspiration et pour les montages vidéos via Matadornetwork!





L’ Argentine obsédée par le Dollar

24 09 2013

peso   En Argentine, se procurer des dollars relève du parcours du combattant. Ce qui est difficile à comprendre pour nous, petits français. En effet, devant les régulières bouffées d’inflation et de dévaluation du pesos argentin, le dollar est devenu le saint Graal des Argentins, un étalon fiable  tout comme le deutschemark avant l’euro.

Seulement, en Argentine, une flopée de magouilles et autres trucs non-officiels sont apparus puisque les banques sont les seules autorisées à donner des dollars à ses ressortissants. Du style, toi, t’as une bonne bouille, tu peux en avoir, toi non…. Quid des critères d’attribution? Mystère et boule de gomme. Par lassitude et désenchantement face à ce mur bancaire, le "dollar parallèle", sous le manteau, est né , évidement bien au deçà des taux officiels de change. Autre combine: Le "dollar blue" qu’on se procure auprès des "arbolitos" (cqfd:vendeurs à la sauvette), mais aussi le "dollar tarjeta" pour les achats payés par carte à l’étranger, car ce mode de paiement permet d’être surtaxé par la banque de (seulement – sic!) 15% par rapport au taux officiel ( le dollar parallèle, dépassant allégrement  les 50% -double sic!)) ce qui revient concrètement à subventionner les dépenses à l’étranger des classes aisées à hauteur de 4 à 5 milliards de dollars par an…

Le petit dernier est le "dollar azafata" ("le dollar hôtesse de l’air"), un peu plus cher  (triple sic!): il faut bien rémunérer les employés de compagnies aériennes (et autres professionnels se rendant souvent à l’étranger) car ce sont eux qui vont vous retirer de l’argent à l’extérieur du pays,  genre une "mule" du billet vert.

La prolifération de tous ces taux chaotiques  ("dollar ladrillo" pour les opérations immobilières, "dollar gris" etc. etc.) permet aussi de "bicicletear" (faire tourner) l’argent en jouant sur les marges différentielles et les petits gains réalisés (c’est le principe de fonctionnement des bureaux de change officiels et des "arbolitos", l’argent vaut de l’argent, ce qui permet de faire avancer la bicyclette: le dollar)

Mais que fait le gouvernement? Me direz-vous. Nada ma bonne dame. Il laisse faire, car ce système profite bien allégrement à ses propres dirigeants! Ces  bicyclettes financières sont un trésor pour qui sait bien le manier….

Voici le site de tous les taux ubuesques disponibles sur http://dolarblue.net/, un vrai bazar: dollar bleu, parallèle, tarjeta, azafata et vert, et les debuts de l’Euro dans cette spirale sans fond… c’est tout un arc-en-ciel !

 (Source: Mediapart.fr)





Pâques et les fériés en Argentine

26 03 2013
Les fériés argentins

Les fériés argentins

Voilà pourquoi j’aime l’Argentine: ses innombrables jours fériés, parfois "flottants". Les fêtes de Pâques sont un bon exemple de cette différence avec la France. Ce férié commence en Argentine le jeudi et finit le dimanche, soit déjà 4 jours de repos dans notre besace. Mais cette année, il faut y rajouter le Lundi car le 2 avril correspond au jour des Malouines. Donc, on récapitule: Je suis en vacances Mercredi soir et je bulle Jeudi, Vendredi, Samedi, Dimanche , Lundi et Mardi….., Devant cet éphéméride aussi généreux, je me suis vite mis à chercher combien de temps faudra t-il attendre avant de buller encore une fois: Voici ci dessous la liste complète des fériés argentins (attention, ça pique les yeux!):

1°janvier: Jour de l’an; Mars ou Avril: Jeudi, vendredi, samedi et dimanche de pâques; 1°mai: fête du travail; 25 mai: fiesta de la patria, (révolution de mai 1810); 20 juin: dia de la bandera, mort de Manuel Belgrano qui le premier hissa le drapeau argentin; 09 juillet: Fête nationale, (indépendance du pays en 1816); 17 août: Dia de San Martin, le « père de la patrie », le général José de San Martin (1850); 12 octobre: dia de la raza, fête de l’hispanité, (découverte du nouveau monde); 08 décembre: fête de l’immaculée conception; 25 décembre: Noël ( Férié automatiquement décalé au lundi le plus proche).

Et tenez vous bien, tous les prétextes sont bons pour inventer des réunions de 15 à 60 personnes jusqu’à pas d’heure ( qui ne donnent pas pour autant de jours fériés) et les argentins y tiennent beaucoup. On notera par exemple la fête des pères ( 3° dimanche de juin), des mères (3° dimanche d’octobre), des grand mères, des enfants, des amis ( dia del amigo: 20 juillet) à laquelle les argentins attachent une grande importance. Un petit regret: le 1er avril n’existe pas, les blagues c’est donc pour le 28 décembre, au jour des innocents; le 21 septembre, on fête le printemps ( et oui, on a la tête en bas!), les étudiants et on offre des fleurs aux femmes. En fevrier-mars, c’est carnaval. Surtout dans le Nord Ouest, ou la fête dure plus d’une semaine et est singulièrement décorée et animée. (Le plus connu: celui de Gualeguaychu). Il y a aussi la fiesta de la vendimia à Mendoza, avec l’élection de miss grappe de raisin inclue! Les anniversaires donnent également lieu à de grandes réceptions surtout celui des 15 ans des jeunes filles, pour fêter le passage à l’adolescence. Enfin; si vous avez l’opportunité de vous promener dans le micro-centro de Buenos Aires le 31 décembre après-midi, vous serez noyé sous une pluie de feuilles car tous les employés de bureau de la ville jettent leurs papiers de brouillon, archives et tout le reste par les fenêtres pour marquer la fin de l’année!

Bon, sur ce, je vais buller un peu tiens.

Joyeuses pâques!





Le chiffre du Jour

4 03 2013
ou un soir ordinaire de consommateur argentin

27 minutes

C’est mon nouveau record de temps passé à poireauter dans une file d’attente. Et c’était chez Coto, l’enseigne de petit supermarché de proximité. J’enrage, je bous, je suis cramoisi. Que se soit à la banque, au caisse du supermarché, dans une administration ou encore à l’arrêt de bus, faire la queue est un sport national. Et il faut être fin stratège pour tenir son agenda ici. En règle générale, j’affiche une moyenne de 14 minutes de queue, tous secteurs confondus mais aujourd’hui…pffff….. 27 minutes… A pestiférer contre la fatalité car aller dans un autre supermarché (à 3 kilomètres)  n’aurait pas été mieux. Il y a trop de consommateur pour trop peu d’offre….Agenda "flexible" et désorganisation hautement conseillée. j’enrage….





L’Argentine, la Pub et Désireless

12 12 2012

Ce sont mes élèves de Français qui vont être contents. Les petits enfants de Désireless peut-être un peu moins…

(En ce moment sur les télés argentines)





INDEC, un mensonge à 13 pesos

8 11 2012

Il faut que j’appelle l’INDEC (l’équivalent de l’INSEE pour le calcul de l’inflation) pour qu’ils m’expliquent comment, selon leurs dernières stats, peut-on "vivre" avec 13 pesos par jour en Argentine?

L’Indec, en publiant ces chiffres ubuesques, grotesque et aux méthodes douteuses, n’en est pas à son premier coup de Trafalgar. En 10 ans, cet organisme officiel s’est vu remettre plusieurs fois à sa place par le FMI, mais là, c’est la goute d’eau qui fait déborder le porte-monnaie. Pendant ce temps, les argentins paient leur boucher avec des liasses de billets de 100 pesos (taux de change à 6,2 pour un €) tant l’hyperinflation est courante, genre brouette allemande des années vingt mais sans planche à billet. On perd de l’argent rien qu’en respirant!

Et cela ne s’arrête pas là. Grands amis devant l’éternité (sic!), les économistes anglais* on carrément préféré avoir recours à un organisme privé américain pour calculer le véritable taux d’inflation en Argentine! Là où le guide Michelin envoie des clients mystères dans les restos, des économistes encagoulés sont mandatés en Argentine!  C’est un vrai James Bond ce truc!

Devant toutes supputation affabulatrice, reprenons notre classique panier de la ménagère:

2010                                                                            2012

  • Cinéma : de 20 à 25 pesos                                          de 35 à 45 pesos
  • Café noir au bar: 2 à 5 pesos                                     de 10 à 15 pesos
  • Timbre pour la France: 6 pesos                              9 pesos (et prévoir un mois)
  • Restaurant : petit gastro 60 pesos                          petit gastro 120 pesos
  • Bière au bar : 10 à 15 pesos le litre.                         12 à 18 pesos le litre
  • Salaire minimum à Buenos Aires: 2500 pesos     3500 pesos (subjectif)
  • Course en taxi : 4 pesos environ/kilomètre.          6,25 pesos/ kilomètre
  • Ticket de bus : 1,10 pesos                                           2 pesos
  • Ticket de métro : 0,75 pesos                                      2,50 pesos
  • Ticket de train: 0,80 en première zone.                  1, 50 pesos
  • Coiffeur sans chichi: 30 à 40 pesos.                        50 pesos
  • Caddie mensuel ( une personne) : 600 pesos.      2000 pesos
  • Plein d ‘essence (le litre): environ 4 pesos.            environ 7 pesos
  • Consultation médecin: 80 pesos.                             100 pesos
  • Un bon petit vin: 25 a 30 pesos                                50 à 60 pesos
  • Hotel en walk up : de 100 à 200 pesos                   300 pesos mini

. En effet, alors que le taux d’inflation de l’Argentine est estimé par l’Indec à 10%, les organismes privés s’accordent à dire qu’il s’élève à près de 25%.  A vos calculettes!…Non mais: 13 pesos par jour, je crois rêver…

* Journal britannique The Economist, dans un article intitulé Don’t lie to me Argentina,





Une addition, deux mondes.

18 10 2012

..ou ce que les Argentins n’aiment pas chez le Franchute!
En apparence, Français et Argentins vivent dans le même monde. Pour avoir la réputation d’être la ville la plus "Européenne" d’Amérique latine, le centre-ville historique de Buenos Aires prend plus souvent des allures Haussmanniennes que pré-hispaniques . Mais les apparences sont trompeuses. A bien y regarder, ces deux mondes sont culturellement assez différents. Et tant mieux. Un exemple de la vie quotidienne: le pourboire.

« Los Franchutes son unas ratas ! »*
« Les Français sont tous des radins ! » m’a répondu un jour  un serveur lors de cette enquête socioculturelle (qui comportera plusieurs volets). Et le constat est unanime. Guides, taxis, serveurs vous le confirmerons. Le pourboire est difficile à traduire au pays du gaucho. Pourquoi un jugement si radical ? Tout simplement parce que nous sommes habitués au système du « tout compris » pratiqué au pays du Coq Gaulois, et par conséquent, certains n’ont pas le réflexe « propina », qui conventionnellement devrait se calculer entre 5 et 10% de la somme. Pourtant en Argentine, la propina  se donne pour tout, dès lors qu’un service est rendu. Surtout pour les restaurants où l’on vous comptera en plus sur votre ticket le prix de "l’usure des couverts" . Et croyez-moi, votre fourchette vaut de l’or (entre 15 et 20 pesos les couverts soit 4€) « Oui mais c’est déjà dans le montant tout ça ! » beuglerez-vous, irrités d’être soudoyé de tous les cotés de l’assiette. Oui c’est vrai, c’est énervant mais ici c’est comme ça !
Il faut savoir que dans certains restaurants, les serveurs ne touchent comme salaire que les pourboires laissés par les clients. Il m’est déjà arrivé de voir un étudiant argentin, employé à mi-temps dans un resto, revenir vers des touristes peu informés sur le point de quitter leur table et leur demander très gentiment si quelque chose leur a déplu pendant le service ou dans leur assiette… Avec les français, les scènes les plus cocasses se vivent à ‘addition. En effet, il y a bel et bien un fossé culturel : certains clients "oublient" que le service n’est pas compris ; d’autres sont mortifiés à l’idée de ne pas laisser assez, d’autres sortent directement la calculette. Et de l’autre coté de la table un serveur outré qui déduit que sa prestation est jugée catastrophique, ou que les français sont de sales radins… On n’est pas sortis de l’auberge.

*Les français sont des gros radins.

Et si je vous faisait payer la lecture de cet article, hein? ;-)








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